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| AIMER POUR VIVRE 01 |
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| Dimanche, 08 Novembre 2009 17:29 | |||
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AIMER POUR VIVRE
Première partie
Pasteur Claude Parizet
Dieu est amour (1 Jean 4. 8 et 16)
L’amour n’est pas une cerise sur le Gâteau du dimanche…c’est une question de vie ou de mort Stan Rougier
Introduction
On aurait pu titrer : « Vivre c’est aimer », ou « Aimer c’est vivre », ou encore « Pas de vie sans amour »… L’amour n’est pas dans la vie un élément parmi d’autres. L’amour, c’est la vie ; la vie elle-même. Si on en croit la Bible, le Livre par lequel Dieu parle aux hommes, la Parole de Dieu, le livre unique inspiré par le Souffle divin, et si l’on écoute toutes les sagesses du monde qui traversent les âges, sans amour la vie n’est qu’une illusion, un nuage, une vapeur qui s’élève et qui disparaît très vite.
On vit réellement et on vit seulement, dans la mesure où l’amour est en bonne place dans notre quotidien. L’amour est au centre de tout. Sans amour il n’y a pas de paix possible… pas de bonheur possible. « Si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien » osera écrire l’apôtre Paul (1 Corinthiens 13.2).
L’amour n’a qu’un objectif : aider l’être aimé à exister, à le faire grandir, à l’épauler, à le soutenir : « Tu vivras, tu t’épanouiras comme la fleur des champs » (Ezéchiel 16.7). Le projet de l’adversaire, au contraire, c’est de nous enfermer dans le désespoir, dans la nuit sans fin.
L’aspect pratique et essentiel de cet opuscule, « Apprendre à aimer », sera traité dans la seconde partie, mais le sujet est d’une telle importance, qu’avant de l’aborder, j’ai pensé proposer à mes lecteur, une sorte d’avant propos. Il s’agit en l’occurrence d’un texte extrait d’une de mes conférences que j’avais intitulée : « Dieu est amour ». L’intérêt manifesté alors par de nombreux auditeurs, m’invite à en proposer le contenu … comme pour préparer le chemin.
Si je devais, en trois mots seulement, résumer l’ensemble et le sommet de la Révélation, je citerais cette courte phrase tirée de la première épître de l’apôtre Jean : « Dieu est amour » (1 Jean 4.8 et 16). En trois mots tout est dit. Le reste, c’est à dire les quelques 1600 pages de la Bible, n’est finalement qu’un développement, un commentaire en quelque sorte, de cette lumière extraordinaire et merveilleuse qui dépasse tout ce qu’on peut en dire.
Dieu est amour.
L’amour n’est pas une qualité de Dieu, un attribut comme disent les théologiens. L’amour c’est sa nature profonde, c’est l’essence même de son être. En un sens, l’amour est l’autre nom de Dieu.
Essayons de mesurer ce que cela signifie et ce que cela implique dans notre relation personnelle avec le Seigneur. L’amour est une notion théologique essentielle, qui désigne à la fois l’être de Dieu et le motif central de toute action humaine née de la foi.
Dieu est amour… et il n’est qu’amour. Tous ses autres attributs : l’omniscience, la toute puissance, la sagesse infinie etc. sont parfaitement subordonnés à son être profond. On dit par exemple que Dieu est Justice, ou qu’il est Vérité. Mais en Dieu la Justice et la Vérité sont seulement diverses façons, diverses manières de manifester l’amour. Dieu ne peut rien être ni rien faire qui ne soit transcendé par l’amour. Quand on a réalisé cela, et que l’on en tire les conséquences, on a fait un pas immense dans la vie de la foi.
Dieu est celui qui aime, celui qui est aimé ; plus encore il est l’amour. Dieu est en lui-même la plénitude et la vie qui n’est rien d’autre que la relation d’amour. Cet amour n’est pas refermé sur lui-même, mais créateur de vie par delà la mort. Il est donné aux humains et à la création tout entière. Tout amour entre humain en porte le reflet.
Tout en Dieu est de l’ordre de l’amour. Autrement dit tout ce que Dieu fait, il le fait dans l’amour et par amour. Le vrai visage de Dieu qui se révèle en Jésus-Christ dépasse tout ce que nous pouvons concevoir ou imaginer, même dans nos plus beaux rêves.
Et cela change tout !
Cette découverte, qui est un pur effet de sa grâce, devrait modifier profondément notre regard sur Lui, transformer de fond en comble notre vision, notre conception de la divinité et nos relations personnelles avec le Seigneur. « La vraie vie, Père, c’est de te connaître » (Jean 17.3). (Rappelons que dans la Bible le mot connaître n’a rien à voir avec un savoir ; il s’agit de « vivre avec » de devenir l’autre en quelque sorte, d’entrer dans son projet)
Cela peut aller très loin. Sans doute jusqu’à remettre en cause certains concepts auxquels nous étions attachés jusque là. En fait c’est toute notre lecture de la Bible, toute notre approche des Ecritures qui devrait être reconsidérée. Nous devrions nous engager dans une sorte de relecture de notre Bible, sous la lumière merveilleuse de cette découverte majeure… qui, encore une fois, est le sommet, le point le plus élevé de toute la révélation… et qui éclaire l’ensemble.
Trop souvent, à mon humble avis, les chrétiens adoptent des façons de voir, ou de croire, qui ne sont que des caricatures de Dieu tel qu’il se fait réellement connaître à nous dans sa Parole. Si nous pensons que notre Père est un Dieu mesquin, culpabilisant, tracassier, alors nous n’hésiterons pas longtemps avant de jeter des pierres sur les femmes adultères. Dieu n’envoie pas la souffrance, il souffre avec ceux qui la subissent. Il est présent à leur côté et leur offre un regard d’espérance.
Dans le Nouveau Testament, l’amour de Dieu se présente sous les trais d’un père qui laisse partir son fils, d’un Christ qui meurt pour ses amis et ses ennemis (Romains 5.8) ; d’un maître qui se retire pour que ses disciples grandissent (Jean 16.7). Le Dieu d’amour n’est pas possessif.
C’est au contraire, un Dieu qui se dépossède en quelque sorte, et qui se donne lui-même pour permettre à sa créature de vivre et de se déployer dans toutes les dimensions de son humanité. « La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant » disait Irénée conducteur de l’Eglise de Lyon au troisième siècle.
Cette image est tellement contraire à notre représentation naturelle de Dieu que nous avons besoin de la répéter pour nous en imprégner. Le signe de cet amour c’est le geste bouleversant de Jésus qui retire son vêtement et qui s’agenouille aux pieds de ses disciples pour leur laver les pieds (Jean 13.1-17).
Le Dieu de l’Ecriture est un Dieu qui règne, mais sa royauté de s’exprime pas dans le registre de la domination, de la violence, de la puissance qui écrase, mais dans celui de l’offrande de sa personne et dans le don (Jean 3.16). L’amour de Dieu ne veut pas un humain soumis, mais un humain debout et libéré, capable à son tour d’aimer… comme Dieu aime, du même amour (d’après Antoine Nouis).
La puissance de Dieu est une puissance d’amour, et toute la Bible proclame que cet amour est invincible.
Lorsque les scientifiques, les astrophysiciens, veulent aller plus loin dans la découverte des étoiles, dans la compréhension du système solaire et de l’ensemble de notre univers, ils bâtissent un observatoire au sommet de l’une des plus hautes montagnes. Au Pic du Midi par exemple. De là, du sommet, armés de leurs puissants télescopes, ils ont une vision plus claire, plus lumineuse de ce qui les intéresse.
On n’a même aujourd’hui envoyé dans l’espace, à quelques sept cents kilomètres de la terre, le fameux télescope Hubble…pour aller plus loin, toujours plus loin dans la découverte des galaxies !
Nous devrions faire de même avec la Révélation. Monter sur les plus hauts sommets, pour regarder, pour considérer, pour comprendre l’ensemble. Dieu nous y invite.
Dieu nous tire vers le haut. Il ne s’agit plus de construire, d’édifier notre spiritualité à partir du bas… mais de laisser le Seigneur nous hisser, selon son vœu, je le répète à dessein, vers les plus hauts sommets de la révélation.
Dieu n’est qu’amour
Tel est donc le sommet de notre connaissance de Dieu. Dieu tel qu’il se révèle lui-même. S’adressant aux hommes que nous sommes. Dieu se dévoile tel qu’il est. Je dois vous avouer que cela me bouleverse chaque fois que j’y pense, et j’y pense de plus en plus ! Par sa grâce et avec son aide, je tente de m’immerger dans cette réalité.
Finalement, toute la Bible affirme que Dieu n’est qu’amour. En composant son chant « Quand on a que l’amour », Jacques Brel avait-il conscience de dresser un véritable portait de Dieu ?
Il y a pourtant dans l’Ancien Testament certaines pages qui semblent moins évidentes que d’autres à ce sujet. Certains passages, dans l’Exode, dans Josué, dans les Juges en particulier, feraient plutôt penser à un Dieu cruel, un Dieu vengeur, un Dieu terrible, un Dieu dont la toute puissance serait au service d’une justice implacable ou la miséricorde n’est pas évidente. Nous allons y revenir.
Mais tant d’autres textes, dans les Psaumes, ou dans les prophètes, témoignent de son immense tendresse, de sa bonté de sa générosité envers son peuple. On n’en finirait pas de citer ces passages :
Es 43.3 : « J’ai fais cela pour toi parce que tu as du prix à mes yeux et parce que Moi, je t’aime ».
Es 54.10 « Les montagnes peuvent s’user, Mon Amour pour toi ne se lassera jamais ». Plus loin, toujours dans Esaïe : « D’un amour éternel je t’ai aimé ».
Et encore : Es 62.4-6 : « Comme un époux met sa joie en son épouse, ton Dieu mettra Sa joie en toi ».
Un auteur chrétien n’hésite pas à écrire : « Le Dieu qui se révèle à travers les textes bibliques est un Dieu amoureux de l’homme. Il est impatient d’entrer en relation avec chacun de nous »
Paul ira jusqu’à dire : « Là ou le crime a dépassé les bornes, l’amour a été plus loin ». Superbe traduction de Romains 5.20, qui montre jusqu’où peut aller l’amour de Dieu.
J’ai cité l’Ancien Testament, mais c’est évidemment dans le Nouveau Testament que Dieu se révèle vraiment comme le Dieu qui est amour et dont l’amour est sans faille. Jésus en est la démonstration parfaite… jusqu’au don de sa propre vie. Il dévoile ce qu’est l’amour lorsqu’il s’incarne dans un être de chair, dans un homme. Christ est venu traduire en langage d’homme, en gestes d’homme, ce que Dieu vit de toute éternité. Jésus dit : « Celui qui me voit, voit aussi le Père » (Jean 14.9). Ou encore : « Je suis dans le Père et le Père est en moi » (Jean 14.11). « Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique » écrit Jean (Jean 3.16).
Le Christ Jésus, le Messie, ouvre une brèche sur la tendresse infinie de Dieu. Il dit de lui-même : « Je suis le chemin, la vérité et la vie ». Le chemin, c’est l’amitié personnelle, c’est l’union, la communion avec Jésus : « Celui qui m’aime, mon Père et Moi, nous ferons notre demeure en lui » (Jean 14.23). « Celui qui m’aime, des fleuves d’eau vive jailliront de son cœur » (Jean 7.38).
Amour est le maître mot de tout l’enseignement et de tous les actes de Jésus. Il n’a jamais rien dit ni fait qui s’éloigne de l’amour. Ses paroles et sa vie sont infiniment plus riches d’enseignement que tous les livres de théologie ou de doctrine rassemblés. C’est pourquoi il nous est conseillé de « marcher, d’avancer dans la vie, les regards fixés sur Lui » (Hébreux 12.2).
Si Jésus est Le Chemin, la route, c’est pour nous inviter à nous engager nous-mêmes à avancer à sa suite sur le chemin de Dieu, sur le chemin de l’amour, sur le chemin de la vie. Toute autre conception de la vie chrétienne n’a pas de sens. Lorsque Jésus a lavé un jour les pieds de ses disciples il leur à dit, et il l’a dit à chacun de nous en même temps : « Je viens de vous donner un exemple afin que vous fassiez (entre vous) comme je vous ai fait » (Jean 13.15).
Cela veut dire que si nous voulons le suivre, nous devons l’imiter… Selon le mot de Paul, nous sommes invités à « grandir jusqu’à sa stature parfaite » (Ephésiens 4.13). « Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ » (Philippiens 2.5). Autrement dit la vie chrétienne n’est rien de moins qu’une vie conforme au modèle qui nous a été donné, une vie semblable à celle de Christ. C’est au moins l’idéal vers lequel nous devons tendre chaque jour. Jean écrit sans la moindre ambiguïté : « Celui qui se dit chrétien doit marcher comme Christ à marché lui-même » (1 Jean 2.6).
La vie chrétienne ne consiste pas à atteindre à la force du poignet, dans le cadre d’un combat personnel, la perfection morale, que l’on confond parfois avec la sainteté, mais à s’engager dans l’amour et par amour dans le sillage du Christ, au service des autres. « Celui qui est de Dieu ne pèche plus. Il ne peut plus pécher puisqu’il est amour » ! (1 Jean 3.9) L’amour est le fruit par excellence ; celui qui contient et rassemble tous les autres. Il faudrait lire ici Galates 5.22 et 1 Corinthiens 13.4-7.
Vivre en chrétien, c’est suivre Jésus, C’est aimer comme il a aimé, C’est laisser transparaître à travers toute notre vie, je dis bien toute notre vie et pas seulement quand nous y pensons, ou quand nous sommes bien disposés, l’amour que nous avons reçu de lui et dont il nous aime.
Comme aux ouvriers de la 11° heure de la parabole, Jésus nous dit : « Viens travailler dans ma vigne ». Sa vigne c’est le monde à cultiver, à évangéliser si vous préférez ; il nous invite à aimer comme il l’a aimé. « Là où il y a la haine, que je mette l’amour » dit un beau cantique. C’est un projet absolument étonnant ! Paul n’hésite pas à écrire : « Si je n’ai pas l’amour, je peux faire des choses apparemment extraordinaires, je ne suis rien… aux yeux de Dieu » (1 Corinthiens 13.2).
Jésus dit : « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les hommes, c’est à moi que vous l’avez fait » (Matthieu 25.40).
Notre amour pour Dieu passe obligatoirement par l’amour des autres. Jean est clair : « Celui qui dit j’aime Dieu et qui n’aime pas son frère est un menteur » (1 Jean 4.20) ; « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Matthieu 22.37-39).
Si Dieu est amour, notre relation avec Dieu et avec les hommes, ne peut-être qu’une relation basée sur l’amour. « Dans la Bible, l’amour n’est pas une émotion, c’est une démarche, une action ; c’est l’œuvre que j’entreprends pour permettre à mon prochain de grandir dans toutes les dimensions de sa personne » écrit Antoine Nouis. L’amour nous reconstitue et nous conduit à la joie. En permettant l’épanouissement de mon prochain, je me régénère moi-même.
La pédagogie divine
Certains passages de la Bible, pourraient nous conduire à des conclusions… disons nuancées de ces propos idylliques ; voire à quelques remises en question plus radicales. Avant d’aller plus loin, un petit moment de pédagogie ne sera peut-être pas inutile .
Nous parlions tout à l’heure de passages durs dans la Bible, dans l’Exode par exemple où le peuple est littéralement terrorisé par l’idée de s’approcher de Dieu. Au moment de la promulgation de la loi sur le Sinaï, Il apparaît comme un Dieu terrible et inabordable (Exode 19.12, 16) ; ou dans Josué quand Dieu semble exiger le massacre,
On dirait aujourd’hui le génocide, de toutes les populations de Canaan, hommes, femmes enfants, vieillards… et même les animaux (Josué 6.20-21) ; ou encore lorsque Dieu fait promulguer les lois avec une rigueur implacable et exige une soumission absolue…sous peine de très graves sanctions. Je sais bien que le peuple de Canaan était idolâtre…et les Hébreux un peuple rebelle… mais on ne peut imaginer Jésus agissant ainsi ou tenant un tel langage ! Cela est impensable.
Sans forcément s’aventurer dans une exégèse savante, il faut savoir que la révélation divine a été très progressive. Il a fallu de longs siècles pour que Jean en arrive à la suite de l’enseignement de Jésus et par le Souffle du Saint-Esprit, à affirmer : « Dieu est amour ».
Dieu a parlé aux hommes dès le départ, mais d’une façon très graduelle, d’une manière et sous une forme adaptée à la culture, à la mentalité de ces peuples rudes et aux mœurs assez brutales et primitives. Lorsqu’un père parle à son enfant, il tient forcément compte de l’âge de celui-ci. Il a fallu du temps pour que le cœur de l’homme s’éveille à la spiritualité et découvre peu à peu l’amour de Dieu.
Certes, des points de lumière jaillissent dans les vieux textes… Nous en avons parlé à propos des Psaumes ou des prophètes inspirés… Mais durant tout le temps de la Loi… c’est à dire avant la venue de Christ qui ouvre un nouveau type de relation entre l‘homme et Dieu, qu’on appelle le temps de la grâce, les rapports entre Dieu et l’homme ont été régis par la logique de la Loi : Ce qui est permis, et ce qui est défendu.
Avec les sanctions qui correspondent : le bonheur pour récompense et la punition, le châtiment, pour la désobéissance. Il est difficile de comprendre ces récits aujourd’hui, sans prendre en compte la culture de l’époque qui transparaît fortement dans les textes.
En un temps la loi a été comme un rempart, comme un garde-fou nécessaire pour éviter à l’homme de s’égarer et de tomber dans la folie mortelle du péché dans laquelle il aurait ruiné sa vie. Mais cette économie de la loi doit être dépassée. Jésus déclare : « Il vous a été dit… mais Moi je vous dis » (Matthieu 5.31-32).
Il faut savoir que la Loi n’est qu’une étape dans la révélation et dans le projet pédagogique de Dieu pour l’humanité. C’est l’école primaire voire l’école maternelle en quelque sorte. Il faut ensuite s’orienter vers le secondaire et l’université pour atteindre un niveau spirituel digne de ce nom.
En un sens, Dieu a donné la loi comme un moindre mal. Pour l’époque, la Loi manifeste une sagesse extraordinaire, bien au-delà des mœurs des peuples idolâtres.
Certains passages du Nouveau Testament proposent encore le régime de la loi en exigeant des croyants une obéissance radicale et en brandissant d’éventuelles et sévères sanctions. Cela est nécessaire à cause de notre faiblesse et de notre immaturité spirituelle.
Jésus sait bien que tous n’accèderont pas (immédiatement) au sommet de la révélation et à la logique de l’amour ! Et la loi (voire la crainte de Dieu) reste un chemin de sauvegarde, une protection, contre les risque d’une dérive dangereuse… voire fatale. Il serait pourtant dommage d’en rester à ce niveau. Quand on laisse le principe de la loi régir et dominer notre spiritualité, on est comme bloqué, stoppé en route !
Paul expliquera cela plus tard en exposant en même temps le sens du péché. Le drame du péché, apprendrons-nous, c’est qu’il détruit l’homme. En péchant l’homme se blesse lui-même. C’est une conséquence de la loi universelle de cause à effet, une grande loi de la vie : « Chacun récolte ce qu’il sème » (Galates 6.7).
La tragédie du péché, ne réside pas tant dans l’accroc fait à la morale, ou même dans l’atteinte à la dignité divine, mais dans le mal que l’homme s’inflige à lui-même en s’éloignant de Dieu. Celui qui pèche se meurtrit lui même. « Tu te blesses toi-même en te rebiffant contre l’aiguillon » (Actes 26.14 – version Semeur)
Et cela, parce qu’il nous aime profondément, Dieu ne peut pas le supporter. Il en souffre gravement. Jésus dit cela magnifiquement dans l’émouvante parabole du fils prodigue (Lc 15.11-24))
Le Père respecte totalement la liberté de son fils. Il lui donne sa part d’héritage et Il le laisse partir là ou il veut. Mais le Père a le cœur bien lourd et des larmes dans les yeux. Dieu notre Père ne joue pas avec l’humanité comme un enfant s’amuserait avec des figurines de plomb ou de plastique. Dieu à mal du mal que nous nous faisons en nous éloignant de lui. Dieu souffre de voir les souffrances que nous nous infligeons nous-mêmes lorsque nous nous égarons dans le péché.
Il y a dans la Bible des textes poignants qui en témoignent très fort. : « Le ciel est dans la douleur. Ils m’ont abandonné, moi qui suis la source de la vie, pour se creuser des citernes, des citernes crevassées, qui ne retiennent même pas l’eau » (Jérémie 2. 12-13) ! Ou encore cet autre texte de Jérémie : « Et Moi, je m’étais dit que je te mettrais au rang de fils… j’avais pensé, Tu m’appelleras « Mon Père » et tu ne te sépareras jamais de moi » Jérémie 3.19.
On connaît bien ce texte d’Ezéchiel : « Dieu ne prend aucun plaisir à la mort du coupable » (Ezéchiel 18.23).
Au passage, on aborde ici l’angoissant problème du mal et de la souffrance qui éloigne de Dieu tant de gens aujourd’hui. En buttant sur ce problème philosophique, beaucoup rejettent l’idée d’un Dieu bon, voire d’un Dieu tout court. « Ou Dieu n’est pas bon et il abandonne les hommes à leur souffrance, il est donc sans intérêt… ou bien plus simplement, Dieu n’existe pas ». A cause de ce raisonnement trompeur, des millions de gens vivent aujourd’hui dans l’athéisme.
La Bible dit pourtant clairement que le mal ne vient pas de Dieu. Il vient de l’homme lui-même qui ne veut pas de Dieu (Jean 1.11 et Jean 3.19-20). Quand on s’éloigne de la lumière, on est dans la nuit ; quand on s’éloigne de la source de chaleur… on à froid ! C’est aussi simple que cela.
Dieu n’est pour rien dans la souffrance des hommes. La Bible montre qu’en fait, Dieu souffre avec nous. Il souffre de nos souffrances. Il est affligé à cause de nos vies gâchées. Christ en mourra sur la croix.
Sans cesse nous supplie-t-il : « Revenez à moi… rentrez à la maison… vous trouverez la lumière, le bonheur et la paix ». Tel est l’Evangile, la Bonne Nouvelle.
Nous sommes donc invités à grandir dans notre relation d’amour avec le Seigneur, parce que seul l’amour est chemin de vie. La loi n’est pas un chemin de croissance ; elle est seulement un sentier de sauvegarde, une issue de secours en quelque sorte.
Seul l’amour transforme nos vies
Paul le dit clairement. La loi est bonne. Elle révèle le péché. Elle nous montre le danger de nous éloigner des chemins de Dieu. Elle est, nous l’avons dit, comme un garde-fou pour nous éviter la chute mortelle. Mais si elle encadre ainsi notre vie, elle est sans puissance pour nous transformer de l’intérieur et pour nous permettre de grandir dans les voies de Dieu.
Sous le régime de la loi, il n’y a pas de véritable croissance dans la foi. Le seul souci de l’observateur de la loi, c’est d’être en règle avec Dieu. « En règle avec Dieu ! », en un sens, une expression anti-évangélique !
Le Dieu de la loi, c’est le Dieu qui domine, c’est le Dieu qui exige l’obéissance à la règle. C’est le Dieu qui inflige des punitions sévères, qui punit les fautes, les manquements. C’est un Dieu justicier, un Dieu terrible en un sens qui nous place dans une logique de devoir ou de servitude. Or la logique de devoir engendre le légalisme, cette profonde déviation qui a opposé radicalement Jésus aux pharisiens de son temps.
Les Evangiles nous montrent ces pharisiens sans cesse entrain d’épier Jésus… afin de trouver de quoi l’accuser (Matthieu 12.1). Le moindre épi de blé froissé par les disciples le jour du sabbat devient un délit impardonnable à leurs yeux (Matthieu 12.1). Même une guérison opérée un jour de sabbat est pour eux un véritable sacrilège ! Ces hommes se transforment en dénicheurs de coupables.
Jésus ne se console pas de ce gâchis. Les chefs religieux n’ont pas su comprendre que Dieu était amour. Ils l’on vu comme Puissance, rigueur, élimination du pécheur. Le Dieu gendarme en quelque sorte. Ainsi le comportement de Jésus ne pouvait que les scandaliser. Son ouverture passait à leurs yeux pour un intolérable laxisme.
Dans leur folie, ils ont assassiné leur libérateur soulignant la gravité de leur perversion. Mais Jésus à changé l’acte criminel en baume de guérison : « Voici mon corps qui est livré pour vous ». Le comble de la haine a révélé le comble de l’amour !
Sans cesse ces religieux se donnent en modèles, ils s’écoutent prier pour faire leur effet, ils jeûnent pour accroître leurs mérites ; ils sont même des champions du jeûne… En fait ils vident la révélation de ses vraies valeurs. Finalement, ils sont pitoyables ! « Sépulcres blanchis, race de vipères » ; jamais Jésus n’a parlé avec une telle sévérité.
Il est vrai que l’enjeu est de taille ! La mission de Jésus est de révéler le vrai Dieu : Est-il amour ou est-il rigorisme ? Stan Rougier, auteur chrétien, écrit : « Deux excès se sont trouvés face à face pendant trois ans. L’excès du précepte moral, qui conduit au juridisme (voire à l’hypocrisie), et l’excès d’amour qui conduit au Golgotha.
Lequel des deux est resté le plus fidèle à la tradition, au message de Moïse et des prophètes ? Jésus n’a rien aboli du message qu’il a reçu. Il a accompli le plan de Dieu, comme un fruit est l’accomplissement d’une fleur ». Jésus a dévoilé, le Dieu d’amour.
L’Ecriture nous révèle une autre vision de Dieu. Une vision totalement différente : Le Dieu de la grâce, le Dieu de l’amour. Un Dieu qui nous aime passionnément et qui respecte totalement et parfaitement notre liberté ; car il n’y a pas d’amour possible sous la contrainte, sous une obéissance servile, bref sans liberté totale. La Toute Puissance de Dieu devient alors une Toute Puissance d’amour. La Bible parle même de la « tendresse de Dieu » (Esaïe.43-44). Dieu est infini sans doute, mais un infini d’effacement, un infini de générosité, de bonté ; l’absolu de la tendresse et non du pouvoir. Le Dieu d’amour « mendie » en quelque sorte notre amour pour lui : « Pierre m’aimes-tu » (Jean 21)? « Je me tiens à la porte (de ton cœur) et je frappe… si tu ouvres ta porte, alors j’entre chez toi » (Apocalypse 3.20).
Avec le Dieu d’amour on entre dans une logique totalement différente. Le Dieu d’amour ne regarde pas nos péchés comme des atteintes à sa Majesté ou comme des accrocs fait à une morale codifiée… mais, encore une fois, il souffre des blessures que nous nous infligeons nous-même en nous éloignant de lui. On ne redira jamais trop. Dieu n’a aucune complicité avec le mal. Il souffre avec nous.
Elie Wiesel, juif rescapé des camps de la mort, à écrit « une lettre à Dieu ». Il dit notamment : « Auschwitz avait comme but, non seulement de nous détruire, mais de Te détruire, Toi, le Père de l’humanité. Pourquoi alors, ne pas songer à ton chagrin ? Regardant Tes enfants souffrir, n’as-tu pas souffert comme eux, voire avec eux ? ». Oui, un tel regard, renouvelle notre vision de Dieu. La cause de nos malheurs ne se trouve pas dans une sorte d’indifférence de Dieu… mais essentiellement dans nos comportements humains.
Par manque d’amour, l’homme s’engage dans une démarche de mort. Ce n’est pas Dieu qui nous condamne ; nous nous condamnons nous-mêmes en choisissant le chemin de la mort ! Chaque page de l‘Evangile nous redit : « l’amour fait vivre, son absence fait mourir ».
« Je vous offre le choix entre la vie et la mort, entre la bénédiction et la malédiction. Choisissez donc la vie, afin que vous viviez, vous et vos descendants » (Deutéronome 30.19).
Le Dieu d’amour est plus soucieux de notre confiance et de notre retour à lui que de notre vertu, car il sait que c’est seulement dans cette libre confiance qui nous unit à lui, que nous trouverons la force de vivre en hommes libres et remplis de l’Esprit…et de suivre le chemin qu’il nous trace.
Comment l’amour transforme nos vies
« L’amour de Dieu est répandu dans nos cœurs par l’Esprit » dit Paul (Romains 5.5). Mais comment Dieu fait-il pour nous donner, pour nous communiquer son amour ? En nous aimant, tout simplement. Le véritable amour ne supporte pas de garder son bonheur pour lui-même.
Celui qui aime a besoin d’aimer la terre entière, en commençant par celui qui souffre, par le plus petit, par le plus démunis… par le moins aimable ! « Je suis venu allumer un feu sur la terre dit Jésus, comme j’ai hâte qu’il se propage » (Luc 12.49). Personne ne doit échapper à notre amour… parce que personne n’échappe à l’amour de Dieu. Dieu connaît les hommes pour ce qu’ils sont, pas pour ce qu’ils font. C’est toute la différence entre son regard et le nôtre.
L’amour se communique par contact, par relation. Comme la chaleur. Quand j’aime, je transforme, je contribue à l’épanouissement de la personne que j’aime. A son tour elle est pénétrée par l’amour. L’amour se transmet. L’amour est contagieux. C’est comme un extraordinaire rayonnement de force, de vie, de paix… de plénitude.
Oui c’est en nous aimant que Dieu se communique à nous, qu’il nous donne sa vie, ou son amour ce qui est la même chose. Pour transformer quelqu’un, pour le « changer », il ne suffit pas de lui donner de bons conseils ou un enseignement sérieux et juste, pas même une loi. Il faut l’aimer. La loi ne donne pas la vie ; le savoir ne donne pas la vie ; seul l’amour fait vivre.
Seul l’amour est puissance de vie.
Voilà pourquoi il est fondamental d’aimer son prochain. En aimant, nous devenons le canal de transmission de la vie de Dieu. Garder de la haine dans son cœur, du mépris, ou même simplement de l’indifférence, c’est participer à l’œuvre de l’anti-Christ.
L’évangélisation n’est pas une technique plus ou moins habile de diffusion d’un produit miracle ! On ne gagne pas les cœurs si on n’aime pas les gens… la Bonne Nouvelle ne se répand pas par la publicité… mais par l’amour. Redisons le mot de C S Lewis : « l’Evangile se répand par contagion ».
L’amour anime tout le dynamisme de la Création qui a sa source en Dieu Amour.
Si nous sommes capables d’aimer, c’est parce que Dieu nous aime. L’amour de Dieu demeure en nous parce qu’il ne cesse un instant de nous aimer. L’amour (le nôtre) n’est jamais méritoire. Il rend simplement compte de l’amour de Dieu qui est à l’œuvre dans nos vies.
Quand j’aime le Seigneur, je développe ma propre capacité d’aimer les autres. Quand j’aime mon semblable, je lui communique la vie, et quand mon amour se tourne vers Dieu, son amour est si intense, qu’il se déverse en moi, m’inondant de sa vie abondante et me rendant capable d’aimer les autres. C’est ainsi, par l’amour, que je deviens participant de la nature divine (2 Pierre 1.4).
C’est un mécanisme merveilleux et d’une efficacité absolue.
L’amour n’est donc pas seulement une qualité morale intéressante. L’amour c’est la vie. La Bible dit que « l’amour est plus fort que la mort ». « Rien ne peut éteindre l'amour » (Cantique des Cantiques 8.6-7). Jésus lui-même dit : « Celui qui aime, qui croit en Moi, ce qui revient au même, vivra éternellement ». (Jean 11.25-26). Jésus dit encore qu’il « ne mourra pas ». Il ne peut mourir en effet puisque Dieu est en lui. Il faut lire Romains 8.37-39, Inépuisable sujet de méditation.
La seule vraie question
Si toute la vie chrétienne se résume à l’amour, la seule véritable question que doit se poser l’enfant de Dieu concerne donc son amour, sa façon d’aimer ; son amour pour son Seigneur et son amour pour les autres, qui est finalement une autre façon d’aimer Dieu. Tout est là. On pourrait presque dire, à condition d’être bien compris : Rien d’autre n’a vraiment d’importance !
Au cinquième siècle, St Augustin disait : « Aime Dieu et fais ce que tu voudras ». Il avait reçu le message.
Jésus dit : « Chercher d’abord le Royaume de Dieu et sa justice et tout le reste vous sera donné par dessus » (Matthieu 6.33). Ne pourrait-on pas traduire par : « Cherchez d’abord l’amour », puisque l’amour est le premier et l’unique commandement (Matthieu 22.38) ?
A son retour, lorsque le fils prodigue à rencontré son Père – notons au passage que c’est le père qui, l’apercevant de loin, à couru vers lui pour le prendre dans ses bras – Le fils avait préparé son discours de repentance : « Père, j’ai péché contre le ciel et contre toi, etc. ». Mais le père ne semble pas très empressé d’entendre cette confession.
(Je ne veux pas dire qu’une sincère confession n’est pas utile) ! Ce père est tellement bouleversé dans son cœur, ému aux larmes par le retour de son fils aimé… l’heure est à la fête, à la joie. « Mon enfant était mort et il est revenu à la vie » ! Tout est dans cet aveu du père… qui est aussi celui de Dieu, notre Père à tous. Balzac disait » J’ai compris qui est Dieu en devenant père ».
Dans cette riche parabole, nous sentons battre le cœur de Dieu. L’essentiel n’est pas dans les mots mais dans l’amour, dans les sentiments profonds qui nous lient à lui. Quand la confession des péchés et la conversion ne sont qu’un rituel de soumission, alors l’élément vital, ce qui vient du cœur, en est absent. Et la démarche est stérile.
Un autre passage est éclairant : La bouleversante rencontre de Pierre avec Jésus, au bord du lac, après la résurrection et la trahison de l’apôtre.(Jean 21) Jésus va-t-il exiger que Pierre s’humilie et confesse son péché ? Qu’il reconnaisse sa faute ? Qu’il en demande pardon à genoux ? Non. Par trois fois, peut-être pour le triple reniement, Jésus va poser à son disciple une seule question, la même, presque lancinante : « Pierre m’aimes-tu » ? Et sur l’aveu de Pierre : « Seigneur, toi qui sais toute chose, tu sais que je t’aime », tout est dit !
Quand on lit cela avec son cœur, avec ses tripes, ça bouscule rudement ! On a aussi très envie, avec Pierre, de dire à Jésus : « Seigneur, tu sais que je t’aime » !
Conclusion
Faut- il conclure ? En fait l’aventure continue… il y a encore beaucoup à dire, à préciser… mais l’essentiel est là ; les matériaux de base sont devant nous. Il nous reste à nous mettre au travail.
Et si l’amour est au premier plan de notre spiritualité, ne craignons pas. Nous ne construirons pas avec du chaume ou de la paille… mais avec les pierres les plus précieuses… nous construirons sur le roc… et ça tiendra pour la vie éternelle (1 Corinthiens 3.10-15).
Fin première partie
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| Mise à jour le Dimanche, 08 Novembre 2009 17:37 |
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