La Foi
Open Panel

LES YEUX FIXÉS SUR L’INVISIBLE

Jean Vandenbrœck

Le langage de la Bible est parfois déconcertant pour celui qui l’aborde pour la première fois. Elle dit, par exemple, de Moïse, qu’il se montra ferme dans la foi parce qu’il «voyait celui qui est invisible». En somme, l’Ecriture nous présente Moïse s’appuyant constamment sur ce qu’il ne voyait pas!

Le Nouveau Testament nous apprend que «la foi est une démonstration des choses qu’on ne voit pas» ou «un moyen de connaître des réalités invisibles» (Hébreux 11:1). Pourtant, la foi n’est pas un effort pour croire ce qui est incroyable. Elle pourrait plutôt être définie comme un choix dont la valeur grandit avec l’expérience.

L’apôtre Paul parle de cela en termes fort précis: «Nous ne regardons pas aux choses visibles, dit-il, mais à celles qui sont invisibles; car les choses visibles sont passagères, et les invisibles sont éternelles» (II Corinthiens 4:18). Une histoire vécue illustrera bien, me semble-t-il, ce que l’apôtre voulait dire:

Un jour d’intense brouillard, à Londres, une jeune maman, accompagnée de sa fillette, s’aperçut qu’elle ne pouvait plus retrouver sa route. Le trafic était complètement interrompu dans l’immense cité. On ne pouvait voir quelqu’un à plus d’un mètre de distance.

La dame se demandait avec inquiétude de quel côté se diriger pour regagner son logis... Alors, ayant vaguement distingué un passant dans le brouillard, elle s’approcha de lui et lui dit: «Pardon Monsieur, j’habite telle rue, tel numéro. Pouvez-vous m’aider à m’y retrouver?»

Sans la moindre hésitation, le guide improvisé conduisit tranquillement la mère et l’enfant jusque devant la porte de leur maison... Surprise, la dame lui posa la question :

— Mais, comment donc, Monsieur, avez-vous pu aussi sûrement trouver cette route? J’habite ici depuis plusieurs années et il m’était absolument impossible de discerner le moindre repère pour m’assurer que j’étais sur la bonne voie...

— Je suis aveugle, Madame, répondit laconiquement le guide !

Le brouillard ne modifiait rien à sa vue... Il avait appris à circuler dans les ténèbres.

La foi est cette faculté de «regarder» l’invisible. Au sein des ténèbres du mal, nous risquons constamment de nous égarer. L’homme de foi fixe les regards vers un guide qu’il ne voit pas. Il croit les révélations de la Bible. Sa propre expérience, et les expériences nombreuses de tous ceux qui ont vécu par la foi, ne font que l’affermir dans la conviction des réalités spirituelles.

L’épître aux Hébreux nous exhorte en ces termes: «Rejetons tout fardeau et le péché qui nous enveloppe si facilement, et courons avec persévérance dans la carrière qui nous est ouverte, ayant les regards sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi» (chapitre 12:1).

On peut dire que l’une des conséquences immédiates de la conversion (Matthieu 18:3 et Jean 3:3-7.) est de nous apprendre à percevoir les réalités spirituelles. La Bible dit que «ce sont des choses que l’œil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues et qui ne sont point montées au cœur de l’homme, des choses que Dieu a préparées d’avance pour ceux qui l’aiment...» (I Corinthiens 2:9).

Moïse était, par excellence, un homme de foi, un homme qui avait pleinement réalisé la valeur des choses spirituelles, invisibles. Sa fidélité, sa fermeté venaient de ce contact permanent avec le Dieu, invisible à l’œil de la chair, mais réellement présent pour la foi.

Illumination profonde qui découvre à l’apôtre Pierre qui est effectivement Jésus-Christ : «Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant», lui dit-il. «Tu es heureux, Simon, fils de Jonas, répondra Jésus, car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux.»

Heureux, mille fois heureux, l’homme qui a pour appui le Dieu vivant, le Dieu qui veut être adoré en esprit et en vérité ! Sans le regard de la foi subsiste l’aveuglement de l’homme quant aux réalités spirituelles. Ils sont de plus en plus nombreux ceux qui refusent la lumière que la Bible jette sur toutes choses. Et ils se tournent, tout naturellement, vers les feux follets de l’idolâtrie coupable: les horoscopes, la magie et autre sorcellerie.

Ce n’était certainement pas sans raison que le deuxième commandement du Décalogue mettait Israël en garde contre les dieux que l’on voit et qui ne sont que vanité: «Tu ne te feras point d’image taillée ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux, en bas sur la terre et dans les eaux plus bas que la terre... Tu ne te prosterneras point devant elles» (Exode 20).

L’origine des égarements du peuple d’Israël fut de négliger ce commandement. Dès que sa foi en Dieu baissait, il cherchait des signes palpables pour rester religieux. Le même danger nous guette aujourd’hui. Le christianisme est essentiellement spirituel, mais nous risquons constamment de vouloir appuyer notre foi sur des choses visibles: depuis les images et les statuettes saintes aux miracles spectaculaires, en passant par les porte-bonheur et tous les rites extérieurs auxquels nous attribuons des valeurs quasi magiques.

Nous oublions si facilement que Jésus est la lumière du monde, et que celui qui le suit ne marchera pas dans les ténèbres (Jean 8:12). Avons-nous le sentiment d’être entourés de ténèbres, de brouillards aveuglants? Serions-nous parmi ceux qui n’aperçoivent aucune solution à leurs problèmes, à leurs détresses?

La Bible nous invite à regarder vers le Dieu vivant et vrai. Quiconque a porté les regards sur l’invisible, par la foi, peut témoigner de la réalité de ce Guide que Dieu nous a donné en Jésus-Christ. «Personne n’a jamais vu Dieu, dit la Bible, le Fils unique qui est dans le sein du Père est celui qui l’a fait connaître» (Jean 1:18). Connaître Jésus-Christ qui a vécu parmi les hommes, et s’est fait homme lui-même, c'est connaître le Père, c’est connaître la lumière, la vie et la vérité.

La Bible seule nous révèle aujourd’hui Jésus-Christ. C’est donc par elle seule que nos yeux s’ouvriront aux réalités que Dieu a préparées pour nous. C’est par la connaissance de ce que la Bible nous enseigne que nous découvrirons enfin l’issue de nos situations désespérées.

Le psalmiste pouvait dire: «Quand je traverse la vallée de l’ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi. Ta houlette et ton bâton me rassurent...» (Psaume 23).

Pour découvrir cette lumière libératrice, il faut que nous venions à Jésus-Christ, la Parole vivante qui veut être comme une «lampe à nos pieds», un guide sûr qui nous conduira à la maison du Père.

 

Radio Réveil et Paroles de Vie

CH-2022 Bevaix (Suisse), B.P. 2, F-75661 Paris 14e, B.P. 531, F-74014 Annecy Impression ACRP Bevaix Suisse