vendredi 31 octobre 2014 00:41

Pasteur Daniel

13 ÉSAÏE CH 49 A 53

13 ÉSAÏE CH 49 A 53

 

 

                         Controverse de l'Éternel avec son peuple au sujet du Messie

 

Mon salut jusqu'au bout de la terre : v.1-13

 

Cette partie du chapitre est un entretien de l'Éternel avec son "Saint Serviteur Jésus" (Act. 4.27). Envoyé par Dieu pour lui ramener Jacob (v.5), il a été rejeté. C'est ce que signifie le fait que, "étant sorti de la maison, il s'assit au bord de la mer" (Matt. 13.1).

 

Chassé de la maison juive, Jésus se tourne vers les nations dont la mer est souvent une figure dans les Écritures. Cela nous explique pourquoi Ésaïe, lorsqu'il commence à parler prophétiquement du rejet du Messie par son peuple, fait entendre l'appel pressant que Christ adresse aux îles et aux peuplades lointaines (v.1), c'est-à-dire aux peuples qui n'avaient pas eu de relations avec Israël, dans leur histoire nationale.

 

Dieu avait d'abord choisi Israël comme serviteur ; mais celui-ci a failli. Christ lui est alors substitué, pour être le parfait serviteur, en qui l'Éternel se glorifiera (v.3). Nous voyons dans les évangiles, qu'Israël n'a "pas voulu" se laisser rassembler autour de lui (Matt. 23.37). A-t-il donc "travaillé en vain" (v.4) ? Toutefois, il sait que Dieu connaît la valeur de son oeuvre. Certes, il avait été formé pour être serviteur de Dieu pour lui ramener Jacob..

.

L'interruption que nous remarquons ici dans les paroles de Christ, correspond sans doute à la période actuelle, souvent appelée la parenthèse de l'Église, (bien qu'il ne soit pas question d'elle dans notre passage).

 

 Dieu prend alors la parole (v.6), pour témoigner de la satisfaction qu'il a trouvée dans l'oeuvre parfaite de son serviteur : non seulement il ramènera les "préservés d'Israël", le résidu, qui entrera dans la gloire et les bénédictions du règne millénial ; mais encore, il sera "une lumière des nations", le salut de Dieu "jusqu'au bout de la terre".

 

Cette expression désigne clairement la période actuelle, durant laquelle l'évangile de la grâce est annoncé dans le monde entier. Dans le paragraphe suivant (v.7-13), la part que l'homme et la nation d'Israël ont réservée à son serviteur, est mise en contraste avec celle que l'Éternel lui donne.

Les évangiles nous montrent combien les Juifs l'ont méprisé et haï, jusqu'à lui préférer un malfaiteur et à demander qu'il soit crucifié (Matt. 27.16-26). Mais, contre le "saint serviteur Jésus, (que Dieu a oint), se sont assemblés et Hérode et Ponce Pilate, avec les nations et les peuples d'Israël" (Act. 4.27) ; c'est donc l'humanité entière qui est coupable du rejet et de la mort de Christ.

 

Mais, en étant le "serviteur de ceux qui dominent", en "prenant la forme d'esclave", il montrait qu'il n'était pas venu "pour être servi, mais pour servir et pour donner sa vie en rançon pour plusieurs " (Marc 10.43-45).

 

 Son obéissance parfaite l'avait conduit à un tel abaissement et "jusqu'à... la mort de la croix". Mais l'Éternel est fidèle, le Saint d'Israël se souvient de celui qu'il a choisi : "Dieu l'a haut élevé et lui a donné un nom au-dessus de tout nom" (Phil. 2.6-11) ; des rois verront, se prosterneront. Sa délivrance est assurée, car : "Ainsi dit l'Éternel :... je t'ai secouru" (v.8).

 

C'est la victoire et la résurrection du Messie, annoncées par la parole de Dieu lui-même ; c'est une chose si sûre qu'elle est exprimée comme si elle avait déjà eu lieu : "Je t'ai répondu, je t'ai secouru".

 

Ensuite, "Je te garderai et je te donnerai"... se rapportent aux promesses qui trouveront leur accomplissement quand viendra le règne millénial de Christ (v.8-13). Israël dispersé reviendra de loin dans son pays et même de la Chine (v.12), sans éprouver les fatigues et les difficultés du voyage, car l'Éternel aura préparé leur chemin (v.11).

 

Les cieux, la terre, les montagnes peuvent bien éclater en chants de triomphe ; et quel thème béni ! l'Éternel console son peuple. Remarquons enfin que nous trouvons dans ce passage, quatre caractères du serviteur, correspondant à ceux que nous présentent les quatre évangiles :


- Le serviteur qui rétablit Jacob (v.6) : Matthieu,


- Le serviteur méprisé (v.7) : Marc,


- Le serviteur qui est une lumière des nations (v.6) : Luc,


- Le serviteur en qui Dieu se glorifie (v.3) : Jean.

 

ÉSAÏE CH 49

 

 

Controverse de l'Éternel avec son peuple au sujet du Messie

 

 

 

 

Je ne t'oublierai pas : 49.14-26

 

A la plainte de Sion - nom donné à la ville de David - (v.14), Christ apporte une réponse et une consolation à la mesure de son amour. Comme aux disciples au jour de sa résurrection, il lui montre es mains percées (v.16).

 

Comment alors Sion pourrait-elle douter de sa fidélité ? De quels soins passés et à venir les mains du Seigneur ne témoignent-elles pas ? Car  "Des choses souffertes, gardant le souvenir, ces mains restent ouvertes pour bénir".

 

Le grand rassemblement des fils de Sion est alors annoncé ; ils seront pour elle comme un vêtement de fête, ses enfants rempliront le pays jusque-là désolé. Tous seront là : les Juifs (Juda et Benjamin) et les dix autres tribus d'Israël.

 

Aujourd'hui, seuls les Juifs sont clairement désignés comme étant d'Israël ; ceux dont il est dit : "où étaient-ils" ? (v.21) sont les tribus, maintenant dispersées, qui alors retrouveront leur identité.

 

Maintenant, le Seigneur signifie sa volonté aux nations de la terre (v.22). Elles apporteront à Sion ses fils et ses filles .sur leurs bras et ... sur leurs épaules" (v.22), c'est-à-dire que les ressources du monde seront alors au service d'Israël et les chefs des nations lui rendront hommage. Israël comprendra que l'Éternel ne peut décevoir ceux qui s'attendent à lui (v.23).

 

C'est aussi le temps de la vengeance sur les ennemis d'Israël. Si forts qu'ils soient, il es est un plus fort encore qui leur enlèvera leurs captifs : l'Éternel, le Puissant de Jacob, jugera en effet les ennemis de son peuple ; il se révélera comme son sauveur et son rédempteur.

 

Le Seigneur, l'Éternel m'aidera : 50.1-11

 

L'Éternel prend ici la place d'un mari dont la femme est la nation d'Israël, afin de faire comprendre au peuple de quelle manière il l'avait aimé et avait désiré l'attacher à lui. "Je me souviens de toi - dit-il aussi par la bouche du prophète Jérémie - , de la grâce de ta jeunesse, de l'amour de tes fiançailles, quand tu marchais après moi dans le désert" (Jér. 2.2).

 

Pourquoi donc la nation, leur mère, a-t-elle été renvoyée ? Où est sa lettre de divorce ? Nous savons que Moïse avait dû donner des lettres de divorce aux Juifs, à cause de leur dureté de cœur, pour leur permettre de renvoyer leurs femmes (Matt. 19.7,8), ce qui n'était pas la pensée de Dieu au commencement (Mal. 2.16).

 

Mais Israël s'était éloigné par ses transgressions et l'Éternel ne lui avait pas donné de lettre de divorce. Un Juif pouvait aussi vendre ses enfants à son créancier (2 Rois 4.1) ; mais Israël s'était vendu par ses iniquités, non à cause des exigences de Dieu. L'homme déclarera-t-il Dieu inique enfin de se justifier (Job 40.3) ?

 

Puis, quand Dieu était venu en grâce vers son peuple, il n'avait trouvé personne qui répondît (v.2). Le Dieu tout-puissant qui a autorité sur la mer, la terre et les cieux, ne pouvait-il pas racheter les siens ? Si, sans aucun doute ; mais comment va se manifester cette puissance ? Nous le voyons (v.4) : par les paroles de grâce et de consolation de Christ, qui vient donner le repos à ceux qui sont fatigués et chargés (Matt. 6.11.25-29).

 

 Remarquons combien, dans le passage que nous venons de citer, le Seigneur Jésus se réjouit dans la volonté de son Père. Ses délices étaient de lui obéir (Ps. 40.8), de l'écouter alors qu'il réveillait chaque matin son oreille. Puissions-nous apprendre de lui et être toujours attentifs à la Parole de Dieu.

 

Obéissant à Dieu, il a souffert de la part de l'homme désobéissant ; le prophète laisse ici entrevoir quelque chose de ce qui a été la part de Christ (v.6) et il nous montre en même temps son entière confiance en l'Éternel : il m'aidera, dit-il (v.7).

 

 Là est la source de sa double certitude, exprimée par la répétition des mots : "c'est pourquoi" (v.7). Toute son assurance, toute sa force, découlent de sa confiance en celui qui le justifie (v.8).

Qui est alors celui qui condamne (Rom. 8.33) ? Or, ce qui a été sa ressource dans le temps de l'épreuve est aussi la ressource qui nous est proposée dans nos propres difficultés. Car c'est à "ceux qui sont dans le Christ Jésus" que l'apôtre Paul écrit : "Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous" (Rom. 8.31-35)?

 

Quand le Seigneur Jésus dit de ses ennemis : "ils vieilliront tous comme un vêtement" (v.9), nous nous souvenons qu'à l'heure de son affliction, son Dieu pouvait lui répondre : la terre et les cieux périront, "ils vieilliront tous comme un vêtement", et il ajoutait : "Toi, tu es le Même et tes années ne finiront pas (Ps. 102.25-27).

 

Le chapitre se termine par un appel et un avertissement ; ceux qui craignent l'Éternel et entendent la voix de son serviteur (v.10), constituent le résidu (Mal. 3.16) ; l'Éternel sera leur guide et leur soutien au milieu des ténèbres, durant les jours si sombres de la grande tribulation. Quant à ceux qui penseront trouver lumière dans les doctrines apostates de ce temps, ils coucheront "dans la douleur" (2 Thess.1.6,8,9).

 

 

CH 51

 

 

Controverse de l'Éternel avec son peuple au sujet du Messie

 

 

L'appel à sortir : 51-52.1-12

 

Le chapitre 51 et les douze premiers versets du chapitre 52, forment un même sujet, qui se divise en sept parties décrivant les progrès du résidu juif pieux, depuis sa détresse jusqu'à l'arrivée à la gloire promise.

 

Les trois premières parties commencent par une invitation à écouter (51.1,4,7)é Les trois suivantes sont introduites par l'appel : réveille-toi (51.9,17 ; 52.1). Enfin, dans la septième division (52.11,12), il est dit aux fidèles, d'une manière pressante : Partez... sortez.

 

Écoutez-moi (1) : 51.1-3

 

Le parfait serviteur, celui qui a "écouté l'Éternel" (50.4,5), s'adresse à ceux qui sauront écouter, parce qu'ils poursuivent la justice et cherchent l'Éternel ; ce sont les caractères du résidu fidèle de la fin, comme des enfants de Dieu aujourd'hui (2 Tim. 2.22).

 

Qu'ils ne soient pas découragés par leur petit nombre : leur foi sera récompensée comme l'a été celle d'Abraham et de Sara, si richement bénis.

 

Car l'Éternel dont la puissance donna à Abraham une riche descendance (Gen. 18.18 ; 22.17), changera les lieux déserts de Sion en un Eden, où l'allégresse, la joie et la louange seront trouvées.

 

Écoutez-moi (2) : 51.4-6

 

L'Éternel réclame maintenant l'attention du peuple qu'il revendique comme sien et il énonce les caractères de son règne. Une loi de paix et de grâce sortira d'auprès de lui (v. 2-4), les peuples seront éclairés par son jugement, ceux qui ont soif de la justice seront rassasiés (Matt. 5.6), et toutes les nations s'attendront à lui. Les caractères distinctifs de sa justice demeureront au delà de la disparition des cieux et de la terre actuels (2 Pierre 3.10-13).

 

Écoutez-moi (3) : 51.7-8

 

Voici le dernier .écoutez-moi", qui s'adresse non plus à ceux qui poursuivent la justice (v.1), mais à un peuple qui connaît son Dieu, parce que la loi de l'Éternel est dans son coeur, en accomplissement de la parole prophétique (Jér. 31.31-34 ; Héb. 8.10,11).

 

Ce peuple connaîtra alors le Serviteur qui a marché devant lui, lui donnant un vivant exemple (50.6). Comment redouter alors la puissance de l'homme, que détruiront les plus méprisables et les plus faibles des créatures ?

 

En conclusion, comme au verset 6, la justice et le salut de Dieu sont associés, contrastant par leur immuable stabilité avec la durée passagère des outrages de l'homme. Telle est aussi notre part (2 Cor. 4.17). Nous trouvons maintenant une seconde série d'appels introduits par les mots : "Réveille-toi", répétés, car l'appel est pressant.

Réveille-toi (1) : 51.9-16

 

Réveille-toi... bras de l'Éternel ! Le résidu fait appel à la puissance qui fit sortir Israël d'Égypte, "à bras étendu" (Ex.6.6), et conduisit à travers la mer son peuple racheté. la foi du résidu lui fait considérer sa délivrance encore future, comme déjà accomplie (v.11), et la louange et la joie suivent tout naturellement.

 

En réponse à cet appel, l'Éternel se présente comme le consolateur de son peuple (v.12), avant de lui rappeler sa puissance (v.14). Il s'adresse enfin à son serviteur (v.16) à qui il a donné sa sagesse et son secours pour accomplir l'œuvre du salut de Sion. Alors, il pourra lui dire : "Tu es mon peuple" !

 

Réveille-toi (2) : 51.17-23

 

Réveille-toi... lève-toi, Jérusalem ! C'est d'abord la description de l'abattement de Jérusalem sous la colère de l'Éternel. Elle a bu jusqu'au fond le calice de la coupe d'étourdissement qui lui a enlevé toute force.

 

Ses fils même ne lui sont d'aucun secours, et où trouver une consolation pour ce qui lui est arrivé ? Ses fils sont lassés, comme un animal sauvage qui a vainement tenté de se dégager du filet ; ils éprouvent toute la rigueur de la répréhension de l'Éternel.

 

Mais, si Jérusalem ne peut compter sur ses propres ressources, il lui reste encore un moyen de salut : son Seigneur, l'Éternel, plaide la cause de son peuple. Écoute, lui dit-il, je connais la raison de ton abattement, mais j'ôte de ta main la coupe qui t'étourdit, tu n'en boiras plus. Tes ennemis qui t'ont affligés et foulés aux pieds, passant sur toi comme si tu n'étais qu'une rue, eux, désormais vont connaître ma colère et mon indignation.

 

Réveille-toi (3) : 52.1-10

 

Ce nouvel et double appel à Sion, pour qu'elle se réveille, est suivi d'une exhortation à se revêtir de force. Le jugement est donc bien passé, mais où trouver la force, sinon dans la grâce de Dieu ? Quel contraste donc, avec l'état d'étourdissement et d'assujettissement duquel Jérusalem est appelé à sortir.

 Le nom de Sion, associé ici à celui de Jérusalem, rappelle au résidu que l'Éternel a choisi cette ville pour être son habitation (Ps. 132.13,14), et qu'il a aimé la montagne de Sion (Ps. 76.68).

 

C'est à Jérusalem d'agir, maintenant, pour ôter de dessus elle les marques de sa servitude (v.2). N'avons-nous pas ici comme un écho du cantique de Débora : "Réveille-toi, réveille-toi, Débora !... lève-toi, Barak" (Juges 5.12). Mais c'est d'une délivrance plus grande que celle de l'Égypte et de l'Assyrie qu'il est en question ; car maintenant, le peuple de l'Éternel connaîtra son nom.

 

En ce jour-là, est-il écrit, il connaîtra mon nom.. Que c'est moi-même, qui dis : Me voici ! Ces paroles sont celles d'un Dieu Sauveur ; elles sont familières à tous les rachetés, car ce sont celles par lesquelles le Seigneur Jésus ressuscité s'est fait reconnaître des siens, au jour de sa résurrection (Luc 24.39).

 

Combien alors sont beaux, sur les montagnes d'où le résidu attendait son secours (Ps. 121.1,2), les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui annonce la paix (v.7) !

 

Quelque temps avant, il était dit aux villes de Juda : "Voici votre Dieu !" (40.9). Maintenant, Sion entend la plus heureuse des nouvelles : "Ton Dieu règne". N'est-ce pas, en effet, la fin des épreuves ? Le moment est venu où les sentinelles qui attendaient le matin (Ps. 130.5,6), exulteront en chants de triomphe, car elles verront face à face...

 

 La restauration de Sion est arrivée, la consolation annoncée est là (v.8,9), Jérusalem est rachetée. L'Éternel a répondu à la prière du résidu (51.9) et a mis à nu le bras de sa sainteté aux yeux de toutes les nations, et toute la terre verra comment Dieu a donné le salut à son peuple.

 

Partez... Sortez : 52.11,12

 

Que reste-t-il donc à faire pour le résidu ? Sortir ! Ici, il lui faut sortir de Babylone (cf. 48.20), du système religieux corrompu, comme les chrétiens fidèles sont aujourd'hui appelés à se retirer de l'iniquité (2 Tim. 2.19). Mais, quel calme, quelle dignité dans cette sortie ! Il n'y a aucune précipitation ; c'est plutôt une marche triomphante, car l'Éternel ira devant eux et le Dieu d'Israël sera leur arrière-garde.

 

ÉSAÏE CH 52

 

 

Controverse de l'Éternel avec son peuple au sujet du Messie

 

 

Le serviteur de l'Éternel (1) : 52.13-15 Introduction

 

Il apparaît très clairement que le dernier paragraphe du chapitre 52 se lie au chapitre 53, pour constituer l'un des plus merveilleux passages de la Parole de Dieu.

 

Le livre d'Ésaïe a été appelé "l'évangile de l'Ancien Testament". Le texte qui est maintenant devant nous suffirait à justifier cette appellation - pour ne rien dire du nom même du prophète, qui signifie "le salut de l'Éternel".

 

Nous arrivons, a-t-on dit, au point le plus élevé de la vision du prophète, car ce ne sont plus des événements qui passent devant ses yeux. C'est une Personne, que sa foi contemple et dont il nous décrit la beauté.

 

C'est le passage de l'Écriture que lisait l'intendant de la reine Candace (Act. 8.30-35) ; c'est en "commençant par cette écriture" que Philippe lui annonça Jésus. Ainsi, l'Écriture même établit avec sa pleine autorité, que celui dont il est question dans ce passage est Jésus lui-même, le Fils de Dieu, notre Seigneur et notre Sauveur.

 

Pour conclure ces quelques remarques préliminaires, ajoutons que nous entrons ici dans la pensée de Dieu quant à Christ serviteur, en contraste avec Israël serviteur.

 

Soulignons aussi la structure de ce passage : il s'agit d'un entretien entre Dieu et les croyants, qui sont le prophète, le résidu et peut-être aussi Israël. Nous avons là l'expression de la communion des fidèles avec Dieu, au sujet de son Fils bien-aimé.

 

Il n'est peut-être pas inutile de signaler aussi que de nombreux psaumes présentent ce caractère de communion qui, dans l'Ancien Testament, se rattache essentiellement à ce que Christ est pour Dieu.

 

Enfin, nous pouvons dire que si ce chapitre s'applique premièrement au résidu d'Israël, il est pour nous, chrétiens, d'un prix et d'une importance infinis, car le Saint-Esprit nous y révèle, dans la personne du serviteur de l'Éternel, le Seigneur Jésus notre Sauveur, ses souffrances et sa gloire.

 

Le serviteur : 52.13-15

 

Comme dans beaucoup de Psaumes, le premier verset de notre texte est le titre du passage tout entier : "Voici, mon serviteur agira sagement". Nous trouvons dans ces versets ce que le Christ Jésus a été pour Dieu, sur la terre : son serviteur, son élu en qui son âme a trouvé son plaisir (42. 1-7).

 

Mais parce qu'il a été "l'homme de douleurs" (53.3), serviteur "obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la croix", "Dieu l'a haut élevé" (Phil.2.7-9), l'a fait asseoir à sa droite et a fait et Seigneur et Christ, ce Jésus (qui a été) crucifié (Act. 2.35,36). Ce passage nous montre aussi le chemin qu'à suivi ici-bas le Seigneur Jésus, chemin de souffrances, mais qui se termine dans la gloire où nous le voyons maintenant par la foi (Héb. 2.9).

 

Le contraste est saisissant entre l'inexprimable affliction et l'humiliation du serviteur, de 'l'homme de douleurs" (53.3) d'autrefois, et son exaltation future. Beaucoup de nations, des rois même, seront comme commotionnés par la foudre (au sens littéral du mot "étonné"), en considérant sa gloire et son élévation.

 

Cela ne nous fait-il pas penser à Saul de Tarse sur le chemin de Damas (Act. 9.3,4) ? Le verset 15 nous montre que ceux à qui il n'avait pas été annoncé ont vu et que ceux qui n'avaient pas entendu ont compris : il s'agit des nations.

 

Un autre contraste apparaît aussi entre son rejet, comme "méprisé" (53.3) et méconnu par son peuple, et son acceptation de la part des nations, par l'Évangile (Rom. 15.21).

 

La confession du prophète et du peuple : 53.1-3

 

Le prophète prend alors la parole, s'identifiant avec le peuple de Dieu, dans la confession du rejet du Messie. Mais maintenant le prophète, s'adressant au peuple de l'Éternel, demande tristement : "Qui a cru... ? La grâce avec laquelle "le Christ, le Seigneur" (Luc 2.11) était venu, né à Bethléem et couché dans une crèche, n'avait pas touché le cœur de son peuple. Il était pour eux celui qui venait de Nazareth d'où il ne pouvait rien sortir de bon (Jean 1.47).

 

 On le laissait seul (Jean 7.53), les chefs du peuple le rejetaient (Jean 8.59) et cherchaient à le faire mourir (Jean 11.53). Il était pourtant le rejeton du tronc d'Isaï (11.1), mais seule la foi pouvait discerner sa gloire. Mais il était venu au milieu d'une génération incrédule et perverse (Matt. 17.17) et quand furent venus "leur heure et le pouvoir des ténèbres" (Luc 22.53), il connut profondément les outrages (Luc 22.63-65), le mépris (Luc 23.11) et fut mis au rang des iniques (Luc 22.37).

 

Le chemin de l'homme de douleurs : 53.4-6

 

Entendant la voix de l'Éternel, le résidu reconnaît devant lui et devant les hommes, que le Serviteur était "frappé de Dieu", non à cause de ses fautes - car il n'en avait commis aucune (v.9) - mais à cause des transgressions et des iniquités de son peuple.

 

 La confession des fidèles porte le sceau de la foi : "Certainement". Ainsi, le résidu exprime-t-il ici une double certitude : celle de son état de péché et d'égarement ; celle que Christ a souffert à sa place et s'est substitué à lui sous le châtiment divin.

 

Remarquons que dans sa méditation, le résidu évoque le chemin de l'homme de douleurs, se chargeant de ses douleurs, dans l'activité d'un amour parfait. Nous trouvons en Matthieu 8.16,17, l'accomplissement de ce qu'Ésaïe avait annoncé (v.4) : il chassait les démons et guérissait les malades.

 

 Mais ces miracles ne témoignaient pas seulement de sa puissance : ils manifestaient aussi son amour et son dévouement à la gloire de Dieu. Car il portait ces détresses en esprit devant Dieu, tandis qu'il guérissait les malades, sachant que la question du péché, origine de tous ces maux, serait réglée à la croix pendant les heures de l'expiation. L'apôtre Pierre applique d'ailleurs le verset 5 à l'œuvre accomplie par le Seigneur sur la croix (1 Pi. 2.24).

Remarquons enfin que le "mais" du v.5 sépare nettement l'appréciation que l'homme a portée sur le ministère de Christ (v.4 début), d'avec ce qui a réellement été sa part sur la croix (v.5).

 

 Les fidèles repentants confessent alors leur égarement et leur désobéissance (v.6), tandis qu'avec des cœurs contrits, ils reconnaissent que l'Éternel a fait tomber leur iniquité sur le Saint et le Juste (v.6). Combien est grand l'amour de Dieu envers tous les hommes !

 

 

 

ÉSAÏE CH 53 V 7 A 12

 

 

 

Controverse de l'Éternel avec son peuple au sujet du Messie

 

 

Le serviteur de l'Éternel (2) : 53.7-12

 

Le chemin de l'Agneau de Dieu vers la croix : v.7-9

 

Le résidu vient de confesser ses péchés et d'exprimer son émotion en évoquant les souffrances de son Messie alors rejeté et méconnu (v.6). L'Éternel lui répond maintenant en rendant témoignage aux perfections que son Serviteur a manifestées dans son affliction, et il en donne la raison (v.8).

 

Car Dieu a permis ce que les hommes iniques ont infligé à son serviteur fidèle. Nous savons en effet, par le Nouveau Testament, que Jésus le Nazaréen, homme approuvé de Dieu, a été livré par le conseil défini et par la pré connaissance de Dieu (Act. 2.22,23).

 

Lui "s'est livré lui-même pour nous, comme offrande et sacrifice à Dieu, en parfum de bonne odeur" (Éph. 5.2). Par l'Esprit éternel, il s'est offert lui-même à Dieu sans tache (Héb. 9.14). Ainsi, nous trouvons les trois Personnes divines associées, dans leur indiscernable unité, dans l'œuvre de la rédemption.

L'Éternel (v.7) parle de la manière dont son serviteur a été opprimé et affligé, sans présenter de défense et sans exprimer de plainte. Tel fut le chemin de l'Agneau de Dieu vers la croix, tandis qu'on le dépouillait - extérieurement du moins - de toutes ses dignités, comme on tond une brebis qui ne résiste pas.

 

Il a été condamné après avoir reçu un triple témoignage de son innocence (Jean 18.38 ; 19.4,6) et un jugement équitable lui a été refusé (v.8). Il a été enlevé à la moitié de ses jours (Ps. 102.24) ; c'est pourquoi il semblait qu'il ne dût jamais avoir de descendance, personne pour continuer sa génération sur la terre des vivants.

 

L'amour de Dieu pour son peuple - et pour tous les hommes - trouve alors ici une touchante expression : "A cause de la transgression de mon peuple, lui a été frappé" (v.8).

 

Nous arrivons maintenant aux circonstances de la mort du Serviteur. Les nations et les peuples d'Israël (Act. 4.27), qui en avaient été les instruments, pensaient sans doute mettre son corps là où on enterrait les malfaiteurs.

 

Mais si Dieu avait permis que son Bien-aimé soit frappé, il fixe des limites à la méchanceté de ses ennemis : il prend soin du corps de son Bien-aimé (Ps.16.10). Le sépulcre neuf d'un homme riche reçoit le corps du Saint et du Juste et une onction royale de myrrhe et d'aloès (Jean 19.39-41) est répandue sur lui, exprimant la pleine satisfaction que Dieu a trouvée dans les souffrances et la mort de son Fils.

 

La mort du Seigneur et la récompense du serviteur : v.10-12

 

La dernière section de ce chapitre se divise en deux parties, rapportant d'abord les paroles du résidu, ensuite celles de l'Éternel.

 

Le résidu, d'abord, continue à parler de la mort du Seigneur, manifestant ainsi sa communion avec l'Éternel. Car seule une communion vraie et profonde avec son Dieu peut permettre au fidèle de dire : "mais il plut à l'Éternel de le meurtrir, il l'a soumis à la souffrance " (v.10).

 

Il nous est permis de répéter ces paroles, quand nous adorons ; nous saisissons pourtant au plus profond de nous-mêmes qu'elles sont insondables, car elles nous donnent la mesure de "l'amour de Dieu, qui est dans le Christ Jésus, notre Seigneur" (Rom. 8.39), amour qui, en vérité, "surpasse toute connaissance" (Éph. 3.19).

 

Les fidèles ici, regardent vers celui qu'ils ont percé (Zach.12.10).Ils le contemplent par la foi sur la croix, pendu au bois, livrant son âme en sacrifice pour le péché (v.10), souffrant .le juste pour les injustes", afin de les amener à Dieu (1 Pi. 3.18). Ils sont la semence que verra celui qui "a été retranché de la terre des vivants", sa famille.

 

 Par la foi en lui, ils sont ressuscités avec lui (Éph. 2.5,6 ; Col.3.1), car c'est en résurrection qu'il prolonge ses jours (v.10) ; ainsi s'accomplit en lui "le plaisir de l'Éternel" (v.10), qui trouve maintenant ses délices à prévenir "par des bénédictions excellentes", celui qu'il lui plut de meurtrir ; il lui donne "la vie... une longueur de jours pour toujours et à perpétuité" (Ps. 21.3-5). Le "bon plaisir (de Dieu) dans les hommes" (Luc 2.14) repose ainsi sur la Personne du parfait serviteur et de l'oeuvre qu'il a accomplie.

 

Les résultats de la mort de Christ

 

Sans transition, l'Éternel reprend la parole (milieu du verset 11), pour confirmer les résultats glorieux de la mort et de la résurrection de Christ. Le grain de blé tombé en terre est mort, il porte beaucoup de fruit (Jean 12.24).

 

Un bref résumé du ministère de Christ vient alors (v.11). Par sa connaissance, il devait instruire les "plusieurs", c'est-à-dire montrer à la masse du peuple, et par son enseignement et par sa marche, que le Père était en lui (Jean 10.38).

 

 Et lui devait porter leurs iniquités et accomplir la purification des péchés. La gloire le reçoit, preuve de la satisfaction de Dieu quant à la Personne de son Fils et à son œuvre accomplie à la croix (Jean 12.27,28 ; 17.1,4,5)

 

La récompense du serviteur

 

L'Éternel annonce enfin (v.12) la récompense du serviteur en qui il se glorifiera.

 

La conclusion est annoncée par ces mots : "C'est pourquoi" (Phil. 2.9).

 

 A son abaissement répond la gloire, à sa faiblesse (2 Cor. 13.4), la force du vainqueur.

 

 Un parfait ensemble de quatre témoignages est enfin rendu à la perfection de sa Personne et de son œuvre ; chacun est développé dans un des quatre évangiles :


- Il a livré son âme à la mort : Jean 10,17,

 

- il a été compté parmi les transgresseurs : Marc 15.28,


- Il a porté les péchés de plusieurs : Matthieu 26.28,


- il a intercédé pour les transgresseurs : Luc 23.34.

 

 

 

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