Formation Pastorale
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-  CURE  D'AME  -


ETUDES DE QUELQUES TEXTES :

LE MEDECIN DES AMES

L'ESPRIT DE LA CURE D'AME

1 - Importance de la cure d'âme :

2 - Raisons pour lesquelles nous nous occupons de la cure d'âme :

3 - La cure d'âme est une source de lumière.

4 - La cure d'âme est une source de joie.

5 – La cure d'âme est une source de force.

6 - Quelques conseils pratiques.

7 - L'âme de la cure d'âme : L'AMOUR.

L'EXERCICE LE LA CURE L'AME

LA VISITE A DOMICILE.

LES ETAPES DE LA VISITE À DOMICILE .

La cure d'âme est une partie importante du ministère auprès des âmes. Bien des personnes ne peuvent ni matériellement, ni moralement assister à des réunions d'évangélisation ou des réunions d'Eglise. Un entretien spirituel approprié peut dissiper les malentendus et les luttes intérieures. Il est aussi des âmes que des difficultés intérieures inavouées parfois même inconscientes privent d'un contact avec Dieu. Auprès de telles personnes, un ministère de cure d'âme, c'est-à-dire de travail personnel, peut remarquablement dénouer leurs conflits.

La cure d'âme ne se borne pas comme on l'a trop souvent crû à une visite de consolation et de compassion au chevet d'un malade ou d'un infirme. Elle comporte un entretien sérieux, ouvert et fraternel avec une âme assoiffée, fatiguée, chargée, malheureuse. Toute notre jeunesse, en particulier, est tourmentée, inquiète, nostalgique, affamée d'idéal, privée d'une véritable direction spirituelle, sevrée d'éclaircissements sur les problèmes de la vie et de règles pour une existence lumineuse, libérée, épanouie.

La vieillesse aussi a ses problèmes d'une toute autre nature avec des âmes qui ont évolué dans le relatif, qui se sont comme usées aux durs contacts de la vie et qui semblent le plus souvent avoir perdu toute capacité d'espérer la réalisation d'un idéal humain. D'autres ont été nourries de doctrines erronées qui ont faussé leurs pensées et leur conscience et qui ne savent point penser comme Dieu dans son Evangile.

A tous ceux-là, une cure d'âme sérieuse est nécessaire pour les aider à se replacer sur le plan divin. Ce ministère de la cure d'âme ne s'improvise, il est accessible à tous ceux qui travaillent d'une façon ou d'une autre dans la vigne du Seigneur : colporteurs, moniteurs d'Ecole du Dimanche ou du Jeudi, visiteurs au sein d'une Eglise, pasteurs, évangélistes, missionnaires.

A tous ceux-là, une connaissance doctrinale sérieuse est indispensable, une familiarité profonde avec l'Ecriture Sainte est de rigueur, mais une connaissance livresque est insuffisante auprès des âmes, l'étude de la cure d'âme et de ses méthodes bibliques en est le complément indispensable. Elle évitera bien des erreurs, bien des maladresses, bien des fausses manœuvres et limitera les écueils du ministère quel qu'il soit.

ETUDES DE QUELQUES TEXTES :

EZECHIEL 5/16 à 21 : Au chapitre 1er, Ezéchiel a une vision de la gloire de Dieu. Au chapitre 2, il reçoit une vocation de Dieu pour le servir. Au chapitre 3, il lui est attribué un champ de mission. Des directives lui sont confiées sur l'attitude à prendre envers les âmes dont il a désormais charge.

Verset 16 : Le peuple qui lui est confié est le peuple de Dieu. Au sein de ce peuple vivent des croyants et des incroyants. Dieu lui assigne un rôle de sentinelle. Il doit veiller, voir et avertir. La vraie voie spirituelle de la sentinelle n'est ni rude, ni sentimentale. Il est seulement obstiné à faire la volonté de Dieu. La voie sentimentale désire plaire à l'homme, la voie spirituelle désire plaire à Dieu. La sentinelle ne parle pas en son nom. Elle avertit de la part de Dieu.

EZECHIEL 3/18 : Il y a un décret divin à l'égard du rebelle. La sentinelle doit proclamer ce décret et se garder d'y mêler sa pensée propre. Les voies de l'homme ne sont point les voies de Lieu.

1 °- Si la sentinelle n'avertit pas, ce sera la mort pour le rebelle et une conscience chargée pour la sentinelle.

2°- Si la sentinelle avertit, deux éventualités se présentent :

a) le rebelle refuse d'écouter : il est frappé d'un verdict de mort et la sentinelle aura une conscience libre.

b) si le méchant écoute l'avertissement, se repent et se détourne du mal, c'est pour lui le salut et la sentinelle aura une conscience libre.

3°- Lieu prévoit une autre éventualité : le juste abandonne sa justice pour faire le mal. Alors Lieu est obligé de permettre qu'il se heurte à un piège de l'ennemi et y tombe parce qu'il n'est pas possible que la sainteté de Lieu soit méprisée sans qu'il en coûte la mort. Lans un tel cas, si la sentinelle est restée muette, sa conscience sera chargée de la mort du pécheur.

4°- Enfin une quatrième éventualité : le juste est en danger de pécher, mais la sentinelle l'avertit : il écoute la voix protectrice, prend garde de ne point pécher. Il est donc sauvé, et la sentinelle a la conscience libre.

EZECHIEL 33/2 - 9 : Ce texte envisage les mêmes éventualités que dans le passage que nous venons d'étudier, à ceci près qu'il s'agit d'un pays au lieu d'un homme.

EXEMPLES : Noé pour son peuple

Lot pour Sodome

Jonas pour Ninive.

Mêmes nécessités de l'avertissement et mêmes résultats.

Quand dans ce passage, il est question du méchant, il ne s'agit pas toujours d'un homme dont la méchanceté est criante, mais bien souvent d'un croyant bien intentionné, qui sur un point est rebelle à la volonté de son Lieu, par exemple sur une de ses exigences saintes.

EZECHIEL 33/12-20 : Cet admirable passage met clairement en évidence les exigences absolues de la sainteté de Lieu et sa miséricorde bouleversante dès qu'il se repent et change de conduite. Ce passage lutte contre l'idée erronée d'une sorte d'équilibre compensateur dans le domaine du bien et du mal, comme si le bien que je fais aujourd’hui pouvait compenser par lui-même et effacer le mal que j'ai fait hier. Une telle conception en effet tue le principe de la repentance, de la foi vivante et de la vie chrétienne.

Dans ce passage, l'affirmation divine pulvérise la propre justice comme le conçoit la théorie de la pensée égyptienne. Une telle conception de propre justice est la stérilisation de la conscience. Les versets 14 et 15 auront plus tard leur écho dans les paroles de Jean-Baptiste, exigeant de porter du fruit digne de la repentance.

EZECHIEL 34/2-16 : Les chefs d'Israël ont été indignes de la mission qui leur était confiée. Le flambeau leur sera retiré, et la mission ôtée. C'est le Seigneur lui-même qui la prendra en main. Si ce texte s'applique aux chefs d1Israël, il s'applique par déduction aux chefs spirituels, aux bergers infidèles à leur tâche.

Qu'il s'agisse de l'exercice du ministère sur le plan de la prédication ou de la cure d'âme, ce texte nous présente l'aspect négatif c'est-à-dire ce qu'il ne faut pas faire, (v. 2 à 6) et plus loin l'aspect positif : c'est le Seigneur qui est lui-même le modèle à suivre ainsi que la méthode appropriée (v. 11 à 16).

EZECHIEL 34/24-32 : Cette vision du millénium rayonnante de lumière de paix, riche en fruits et en sécurité spirituelle a déjà son écho dans l'expérience chrétienne d'aujourd'hui pour l'âme qui vit dans la communion de Christ. C'est là ce que doit réaliser un véritable ministère de cure d'âme.

La cure devient de plus en plus indispensable en face des besoins spirituels sans cesse grandissants de notre peuple. Beaucoup sont sans Dieu et sans espérance. D'autres sont religieux, mais tellement attiédis qu'ils semblent n'avoir jamais eu de contact avec la vie divine.

D'autres par leurs fausses notions sacramentaires apparaissent vaccinés contre la conversion et la sanctification. D'autres enfin sont spécialement sollicités par des ruses de l'adversaire : passions de toutes sortes, occultisme sous toutes ses formes, superstitions, rages de plaisirs, incrédulité contagieuse, hérésies de toute espèce, disparition progressive de la conscience professionnelle ouvrant la porte à tous les déboires sociaux.

Jamais les paroles de l'Evangile n'ont été aussi vraies : "Voyant la foule, Jésus fut ému de compassion pour elle parce qu'elle était languissante et abattue comme des brebis qui n'ont pas de berger. Alors, Jésus dit à ses disciples : la moisson est grande, mais il y a peu d'ouvriers ; priez donc le maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson (Matt. 9/36-38)".

LE MEDECIN DES AMES :

La cure d'âme doit être exercée par le ministre du culte, pasteur ou évangéliste, mais elle peut aussi être exercée par un croyant sérieusement préoccupé des besoins spirituels de sa famille, de son entourage, de son assemblée, de son peuple pourvu que ce croyant soit revêtu de dons spirituels, et travaille en plein accord avec son assemblée et son berger.

Qualification :

1°- Il faut être né de nouveau. Si le médecin de l'âme n'est pas régénéré, il s'expose à entendre Dieu lui dire : "Médecin, guéris toi, toi-même". Il sera incapable de parler d'une expérience qu'il n'a pas vécue lui-même, de conviction de péché, du Sauveur qui pardonne et délivre. Les soupirs silencieux des âmes ne peuvent être perçus que de ceux en qui habite le Christ vivant. Eux seuls peuvent prononcer les mots qui conduisent au Divin Libérateur.

Jésus disait à Pierre la veille de sa crucifixion "Et toi, quand tu seras converti, affermis tes frères (Luc 22/32)".

2°- Avoir reçu le baptême dans le Saint-Esprit. Jésus en quittant ses disciples, le jour de l'Ascension, l'a promis à ses disciples : "Vous recevrez une puissance, le Saint-Esprit survenant sur vous, et vous serez mes témoins (Act. 1/8)".

a) Nous n'avons qu'une vie à consacrer au service de Christs et cette vie doit être bien remplie.

b) Nous devons apporter aux hommes une démonstration d'Esprit et de puissance, une démonstration de sainteté aussi car la puissance ne peut être gardée efficace que dans la sainteté.

3°- S'être consciencieusement mis à l'école de Christ qui sanctifie. Il ne suffit pas d'être converti, car bien des convertis d'hier peuvent être déchus de la grâce aujourd'hui. Il ne suffit pas d'avoir été baptisé du Saint-Esprit hier, et d'avoir reçu d'admirables dons spirituels, voire même un ministère charismatique, si le médecin des âmes ne mène pas une vie sanctifiée, il aura perdu toute responsabilité d'amener à Christ les âmes encore éloignées de Lui ou d'exercer une action sanctifiante sur celles qui lui sont confiées.

Il ne sera plus l'agent de liaison convenable entre la sainteté de Dieu et l'homme. Il ne pourra pas lui-même regarder Dieu en face, parfois même, ce sera son prochain qu'il ne pourra pas regarder en face. Il n'aura plus l'approbation divine, ni la foi vivante et triomphante. Esaïe nous avertit sagement de la part de Dieu quand il dit : "Purifiez-vous, vous qui portez les vases de l'Eternel (52/11)".

Sans l'esprit de sainteté, le ministère n'est plus que technique et routine. Il n'est plus le canal de la vie spirituelle, de la grâce divine. Sans l'esprit de sainteté, nous nous illusionnons quant à notre propre puissance. Certes, Dieu ne se repent pas de ses dons, ni de son appel, mais sans la sainteté positive, appel et dons ne fonctionnent plus qu'au service de la volonté propre, du moi, de la chair. Abandonnons toute volonté propre et recherchons ardemment la sainteté.

4°- Avoir l'amour de Christ pour les âmes ; sans l'amour des âmes, toute notre technique, même la plus précise, est vaine inefficace. L'amour des âmes se manifeste comme un poids de souffrance sur le cœur, donne à la vie des accents nouveaux et découvre des occasions nouvelles de parler aux âmes- L'amour des âmes est ingénieux.

Comment avoir l'amour des âmes ? Il faut le désirer. Ensuite le demander à Dieu dans la prière comme un vrai besoin de notre cœur. L'amour est un fruit de l'Esprit et notre Père Céleste veut nous le faire porter. C'est en Christ que se trouve la plénitude de l'amour des âmes. Il faut donc nous mettre à son école et à son contact pour le recevoir. Souvenons-nous que dans chaque âme, même la plus déchue, il y a encore une étincelle de la vie divine qui ne demande qu'à jaillir. En ceci, Jésus est encore le modèle. (Matt. 9/36, 14/14, 15/32, 20/34 ; Luc 7/13).

Jésus se dépeint lui-même en dépeignant l'attitude compatissante du Père du fils prodigue : ce Père attend devant la porte de la maison, le cœur déchiré, les bras grands ouverts, cherchant des yeux le fils perdu, aspirant à le revoir, et quand il l'a aperçu, court à sa rencontre, se jette à son cou et lui donne le baiser de paix. Il agit ainsi car il est ému de compassion pour lui. Le Père avait de l'amour pour l'âme de son fils.

5°- Le vrai médecin de l'âme est plein de compassion pour le pécheur. Il tremble pour les égarés, sachant qu'ils ont affaire à un Dieu saint et juste. Il espère aussi avec foi parce qu'il sait que s'ils se repentent sincèrement et se séparent de tout péché, ils ont alors affaire à un Sacrificateur miséricordieux et compatissant qui peut avoir pitié de leurs faiblesses parce qu'il s'est trouvé dans les mêmes tentations (Héb. 2/18).

En effet, ayant été tenté lui-même en ce qu'il a souffert, Il peut secourir ceux qui sont tentés (Héb.4/15-16), car nous n'avons pas un Souverain Sacrificateur qui ne puisse compatir à nos faiblesses, au contraire. Il a été tenté comme nous en toutes choses sans commettre de péché.

Le vrai médecin de l'âme est spirituel, il n'accepte jamais la confusion entre péché et pécheur. Comme son Maître, il a une profonde horreur pour le péché et une grande pitié pour le pécheur. Sa compassion n'est pas faiblesse à l'égard du péché, ni sentimentalité à l'égard du pécheur. Son amour est saint et spirituel. Il exige une vraie repentance, une réelle séparation du mal. Il ne juge pas sévèrement le pécheur, car lui-même sait de quoi il est formé. H sait qu'il n'est que faiblesse et que si le Seigneur ne lui maintenait sa grâce, il tomberait aussi facilement que les autres pécheurs.

6°- Le vrai médecin de l'âme est discret : Il sait garder secrètes les confessions reçues comme un mur sans écho. Il ne fait pas pression pour que le pécheur lui découvre des péchés que le Saint Esprit n'a pas encore révélé comme péchés. Il se garde de chercher à connaître des détails qui n'édifient pas car il ne doit pas oublier qu'il doit veiller à sa propre âme.

7°- Le vrai médecin de l'âme est patient ; Il attend que le Saint-Esprit ait accompli son travail, suscité les tourments de la conscience et convaincu de péché. Cependant, sa patience ne le conduit pas à une sorte d'indifférence, il met tout en œuvre pour faciliter la conviction de péché. Il n'y a chez lui, ni pression indiscrète, ni laisser-aller. Il lui faut le tact du dosage approprié.

8°- Le vrai médecin de l'âme est un homme de prière : il comprend que d'ardentes prières sont indispensables pour :

a) Que Dieu place devant lui les âmes disposées à écouter, à se repentir et à accepter Christ.

b) que Dieu le guide par le Saint-Esprit pour dire à cette âme les paroles appropriées                                  .                         à son cas personnel

c) que Dieu accompagne de puissance son message spirituel, sinon, il sait qu'il discutera et plaidera en vain.

d) suivre cette âme alertée par l'entretien dans une intercession persévérante, afin qu'elle arrive à la nouvelle naissance ou si c'est le cas à une sérieuse reconsécration.

9°- Le vrai médecin de l'âme connait sa Bible à fond au moins en ce qui concerne tout le ministère pratique de la cure d'âme. Il sait en exposer le contenu spirituel :

a) pour convaincre de péché le pécheur,

b) pour lui prouver le besoin d'un Sauveur,

c) lui montrer que Jésus est le Sauveur qu'il lui faut,

d) l'aider à s'approprier Christ comme son Sauveur personnel

e) aider le pécheur à s'affranchir de tout ce qui l'empêche d'accepter Christ.

10°- Le vrai médecin de l'âme vit selon le modèle biblique : son comportement spirituel et personnel ne dépend que de Dieu. Il ne se laisse influencer ni par son temps, ni par l'opinion publique, ni par la politique, ni par la théologie, ni par la science ; il s'efforce de vivre en Christ. Il règle toute sa conduite sur le modèle biblique avec beaucoup de scrupule et de persévérance.

Il obéit aux exigences de la Parole de Dieu dans toute leur grandeur et leur sévérité. Il est sévère pour lui-même, charitable pour les autres, acharné contre le péché, indulgent pour la victime qu'est le pécheur.

Cette idée lui donne un cœur rempli d'un saint tremblement pour lui, celui qui n'est pas sauvé encore, est perdu. Celui qui n'est pas réconcilié avec Dieu est encore rejeté par Dieu. C'est là sa détresse et son tourment.

Il est hanté par la parole de l'apôtre Jacques (ch. 5/19 et 20) : "Mes frères, si quelqu'un parmi vous s'est égaré loin de la vérité, et qu'un autre l'y ramène, qu'il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'était égaré, sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés". Il se sent profondément responsable de l'âme de son frère. Il est donc zélé, voire même intrépide pour le conduire ou le ramener au parfait Sauveur.

11°- Le médecin de l'âme est plein de douceur : Il donne à la fois, l'impression d'être ferme et doux. Il ne tolère pas en lui-même de brutalité surtout à l'égard du vieillard, selon 1 Tim. 5/1 : "Ne réprimande pas rudement le vieillard, mais exhorte le comme un père".

12°- Le vrai médecin de l'âme dépend plus spécialement du Saint-Esprit ; L'exercice de certains aspects de la cure d'âme requiert certains dons spirituels ; Parole de connaissance

Discernement des esprits Parole de sagesse

Le vrai médecin de l'âme fait tout pour être rempli du Saint-Esprit pour le rester chaque jour et tenir ses dons spirituels en pleine efficacité. Le monde a un urgent besoin de tels médecins de l'âme. "Priez le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers dans sa moisson».

L'ESPRIT DE LA CURE D'AME

1 - Importance de la cure d'âme :

Moody disait ; "Beaucoup sont allés en enfer parce que la prédication n'a pas été suivie d'entretiens personnels". Il est en effet nécessaire d'avoir des entretiens personnels avec les inconver­tis et avec les membres de nos troupeaux.

a) Par la prédication, un certain nombre d'âmes sont réveillées mais non sauvées. Ils doivent donc mettre le point final sur leurs expériences, l'œuvre de la cure d'âme va parachever celle de la prédication.

b) Un certain nombre de sujets ne peuvent être abordés dans les réunions publiques : morale chrétienne, conseil pratique pour la vie du foyer, problème des sexes, etc.. Tout cela ne peut être réglé que dans des entretiens particuliers. L'exemple du Sauveur est précieux sur ce plan. Jésus eut un entretien en particulier avec Nicodème, de nuit (Jean 3/1-2).

André, le frère de Simon Pierre et son ami passèrent une soirée en intimité avec Jésus (Jean 1/36-39). Jésus converse des choses spirituelles avec la Samaritaine au bord du puits de Jacob (Jean 4). Jésus eut un entretien personnel avec Marie, Marthe et Lazare à leur foyer (Luc 10/36-42). L'apôtre Paul n'a-t-il pas suivi la même voie à maintes reprises ? Nous en trouvons un écho dans le livre des Actes : "Je n'ai pas craint de vous prêcher et de vous enseigner publiquement et dans les maisons".

Publiquement, c'est la prédication ; dans les maisons, c'est la cure d'âme. Notre mouvement de Pentecôte doit veiller à ne point négliger les entretiens personnels. Les âmes récemment converties sont dans une grande soif spirituelle et ont besoin d'avoir un berger qui les aide à se maintenir dans la voie droite et à s'affranchir des méthodes tortueuses du monde.

L'Ecriture dit :"Connais bien chacune de tes brebis, donne tes soins à tes troupeaux". (Prov.27/23) Une telle tâche ne peut être assurée que par la cure d'âme. Certains hommes ne sont pas des pasteurs éloquents, mais font un excellent travail auprès des âmes par leurs entretiens particuliers : ils ont le sens de la cure d'âme. Celle-ci supplée à leur éloquence. C'est une grande tentation pour les jeunes serviteurs de Dieu de s'attacher plus à la prédication qu'à la cure d'âme. La première est plus brillante, mais, la seconde peut faire une œuvre très profonde.

2 - Raisons pour lesquelles nous nous occupons de la cure d'âme :

a) Parce qu’il y a peu de gens qui le font.

b) A cause de la souffrance générale qui nous entoure : Les hommes attendent souvent qu'on leur parle, l'Ecriture dit : "Le témoin véridique délivre les âmes". (Prov. 14/15), et encore "La langue douce est un arbre de vie" (Prov. 15/4).

c) A cause du découragement et de l'échec du plus grand nombre. Bien des hommes ne viennent aux réunions que parce qu'un entretien personnel a été fructueux. En ce sens, la cure d'âme ouvre la porte à l'homélétique.

d) Parce que beaucoup de gens n'ont pas de but dans la vie. Un entretien personnel peut les mettre   devant un but divin à leur égard et leur permettre, au contact de  la Parole de Dieu et par l'Esprit Saint de le réaliser.

3 - La cure d'âme est une source de lumière.

Le visité voit mieux la marche spirituelle et morale qu'il doit suivre. Il comprend mieux la pensée de Dieu, non seulement dans l'ensemble, mais le plan de Dieu à son égard. Tant de points de la vie chrétienne ne sont souvent éclairés qu'à la suite d'un sérieux entretien de cure d'âme. La Samaritaine disait, après son entretien avec Jésus ; "Venez voir un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait". Son entretien avec Christ avait, en quelques instants, réglé 4 problèmes :

a) Le problème des sexes

b) Celui de la race.

c) Celui de la religion.

d) Celui du Messie.

4 - La cure d'âme est une source de joie.

Parce qu'elle relève du témoignage chrétien, elle connait du même coup la joie du témoignage. Que de fois, un témoignage individuel nous a réjouit, en particulier, quand il a été bien reçu de notre interlocuteur. Mais, il est parfois arrivé qu'il a reçu un mauvais accueil, alors à la douleur que nous ressentons, parce qu'en la refusant, on a en fait, refusé Christ, s'ajoute la joie consolante d'avoir jadis compris et reçu l'Evangile et d'avoir témoigné aujourd’hui. De même, la cure d'âme nous donne souvent la joie d'avoir vu une âme s'ouvrir, des difficultés parfois inexplicables s'évanouir, et même, quand nos conseils ne sont point reçus, la satisfaction d'avoir voulu fidèlement délivrer le conseil de Dieu.

5 – La cure d'âme est une source de force.

Nous lui devons parfois nos plus magnifiques élans, nos expériences les plus riches. C'est l'application de la Parole inspirée : "La joie de l'Eternel sera votre force". Le pasteur qui soutient les âmes, qui les porte dans leurs difficultés personnelles, qui s'efforce de leur apporter la direction divine, de les porter au milieu des ronces et des épines de la vie avec l'aide du Seigneur est aussi porté et comme consolé par elles. En effet, le pasteur a ses luttes et ses difficultés personnelles, et il se trouve souvent qu'à consoler les autres on en reçoit soi-même de la consolation, qu'à éclairer les autres, on en sort parfois comme ébloui de lumière.

6 - Quelques conseils pratiques.

a) Une visite doit être courte et bonne : de le savoir nous évite de nous attarder sur des thèmes qui ne sont pas spirituels ou sur des préoccupations mondaines. Certes, les préliminaires doivent être respectés, mais notre cible doit toujours être la libération ou l'épanouissement d'une âme humaine. En nous souvenant que notre visite doit être courte et bonne, nous nous réserverons du temps pour d'autres visites.

Gardons dans notre pensée que de nombreuses âmes ont besoin de nous. Cette pensée aussi, doit nous aider à ramener la conversation qui s'égare loin de son but pour la ramener sur le vrai terrain de l'âme humaine.

b) Pas de familiarités superficielles, ni d'inconséquences si nous voulons avoir accès à une âme. Un jeune candidat au ministère avait pris l'habitude de consacrer un après-midi et une soirée pour une seule visite et comme les sujets de conversation s'amenuisaient, il examinait les objets de l'appartement, s'étonnait sur chacun d'eux, s'informant de leur prix d'achat ; se faisait inviter à table et faisait le difficile. A un tel régime, il fatigua tellement ses visités qu'il dut bientôt quitter son église. Nous ne sommes pas appelés à visiter les hommes pour observer les objets en leur possession, mais pour examiner le développement spirituel de leur âme, les guider, les réconforter au moment propice ; un vrai médecin des âmes s'efforce de rassembler toutes les informations sur leur état spirituel, non pour les juger, mais pour les aider.

Il y a des chrétiens qui ont peu besoin de visites, leurs progrès spirituels sont rapides, ils ont eu le bonheur de comprendre et de saisir la vie véritable en Christ, mais, il y en a d'autres à qui il faut souvent accorder des visites avec une grande patience jusqu'à ce qu'ils aient compris et expérimenté la vie en Christ.

Pourtant un vrai serviteur de Dieu doit se méfier d'être le chapelain de quelques âmes, même si la chose leur est très agréable. St Paul disait : "Je me dois aux savants comme aux ignorants, aux riches et aux pauvres, aux Juifs et aux Grecs".

c) Les âmes doivent être abordées avec respect et délicatesse, seul un amour spirituel peut nous permettre de les aborder avec efficacité ; nous pouvons alors dissiper les préjugés, mettre en contact avec Christ et permettre de réaliser la vraie vie spirituelle. Il ne peut y avoir contact que s'il y a tact. L'attitude du médecin de l'âme ne doit comporter ni mesquinerie, ni singularité, ni équivoque.

Tout doit être en lui vérité, droiture, simplicité et amour. Il ne doit tolérer en lui aucun parti pris. Sa tendresse pour les âmes doit être une tendresse virile. Si la virilité spirituelle est attendue de tous les chrétiens, à plus forte raison 1'est-elle du serviteur de Dieu et de quiconque à charge d'âmes (1 Cor.16/13). Il est aussi appelé à recevoir des confessions et à savoir les orienter. Dans ce domaine, il ne doit être indifférent ni aux victoires, ni aux défaites. "Rien de ce qui est humain ne lui est étranger". Il ne s'étonne de rien, car il sait que l'être humain est capable des pires déchéances et des plus nobles élans.

Il doit savoir oublier les confessions reçues pour que sa conduite à venir envers cette âme ne soit jamais orientée par un sentiment du passé mais toujours pleine d'espérance pour le pécheur repentant. Charles Wagner disait; "Ecoute comme si tu étais Dieu, et tais-toi comme si tu étais la tombe". Pour être un tel homme, il faut être baptisé de feu et régulièrement renouvelé, qu'il soit réellement de force, d'amour et de sagesse. Il faut cette grâce particulière qui rend le cœur miséricordieux, clément et fort, sans rancune, ni crainte, ni complaisance et on ne peut y parvenir sans une vie de réelle sainteté.

Il faut ce quelque chose d'humain et de divin à la fois qui fait que l'on est un refuge et que tout en vous invite le malheureux à vous conter sa peine et le pécheur à vous avouer sa faute. C'est ainsi qu'il nous faut réaliser l'exhortation de Jacques (5/19-20) ; "Mes frères, si quelqu'un parmi vous s'est égaré loin de la vérité et qu'un autre l'y ramène, qu'il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s'est égaré, sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés".

7 - L'âme de la cure d'âme : L'AMOUR.

Un jeune serviteur de Dieu, habile prédicateur, avouait à une de ses paroissiennes : "Je préférerais être professeur de théologie, je n'aurais pas à aimer les âmes". Un membre de son église disait de lui : "Il prêche bien, enseigne juste, mais tout le monde sent très bien qu'il ne nous aime pas". Ses visites pastorales sont tristes, elles sont empreintes de doctrine, de dureté, d'amertume, de partialité. Une telle façon de bâtir est un vrai désastre, c'est bâtir sur le sable. Jésus avait dit à Pierre : "Pais mes brebis, pais mes agneaux". Il est impossible de paître un troupeau sans l'aimer.

Un serviteur de Dieu qui veut être en bénédiction n'a pas le droit de faire des gaffes qui pourraient éloigner et scandaliser. La barque de l'Eglise ne doit pas avancer à coup de gaffes mais à force de rames. La vérité ne doit pas être dite de n'importe quelle façon. On peut perdre une âme par la façon brutale et irréfléchie avec laquelle on lui dit la vérité. Plus la vérité à annoncer est rude, et plus elle doit être préparée et présentée avec ménagements. Il est même des choses que les âmes faibles n'ont pas besoin d'apprendre.

Charité d'abord. Il ne faut professer la vérité que dans la charité. C'est biblique. Il ne faut point charger les âmes faibles de fardeaux qu'elles ne peuvent porter. Pour terminer, voici une citation de Luther sur : L'amour puisé et l'amour jaillissant.

"Il est bien vrai qu'un homme bon est plus facile à aimer et que chacun s'attache à lui naturellement, tandis qu'on a de l'aversion pour les gens grossiers et mauvais. Mais cela, c'est encore la chair et le sang. Ce n'est pas le véritable amour chrétien, car un chrétien ne puise pas son amour dans ce qui en est l'objet.

C'est la lumière de l'amour selon le monde, amour d'un garçon pour une belle fille, d'un avare pour l'argent et les biens, d'un Seigneur ou d'un prince pour les honneurs et la puissance etc.. Tout cela, c'est de l'amour puisé ou emprunté, de l'amour qui coule du dehors au bien qu'il voit dans une personne et ce qu'autant que le bien est là, et qu'il peut en jouir.

L'amour véritable, lui, est un amour jaillissant qui vient du dedans et qui coule du cœur comme une fraîche source ou un ruisselet qui coule toujours et ne se laisse ni arrêter, ni dessécher, ni épuiser ; tel est l'amour. Je t'aime, non pas parce que tu es bon ou mauvais, car je ne puise pas mon amour dans tes qualités comme la fontaine d'un étranger ; il jaillit de ma source à moi, c'est-à-dire de la Parole qui a été plantée dans mon cœur et qui dit : "Aime ton prochain".

De là, il se répand richement, ouvert à tous ceux qui ont besoin de lui, il va vers tous les bons et les mauvais, les amis et les ennemis, les ennemis plus que les autres parce que ce sont eux qui ont le plus besoin que je les aide, que je prie pour eux et que je fasse tout ce qui est en mon pouvoir afin qu'ils soient délivrés de leurs misères, du péché et du diable.

Regarde, voilà un amour qui jaillit du cœur et qu'on n'a pas à apporter du dehors. Le puits du prochain peut bien être à sec, tellement qu'on ne trouve pas à y puiser de l'amour, mais un chrétien a reçu la Parole et la Parole qui est elle-même toute pure rend son cœur pur lui aussi et le remplit d'un véritable amour qui coule au dehors vers tous les hommes et ne se laisse pas arrêter qu'ils soient ce qu'ils veulent". (Luther) Sermon de 1532 sur 1 Tim. 1/6-7.

Un autre chrétien disait : "Jésus-Christ est quelqu'un qui nous connaît bien et qui nous aime quand même".

Voilà l'âme de la cure d'âme.

L'EXERCICE LE LA CURE L'AME

LA VISITE A DOMICILE.

1°- Introduction : La visite à domicile est nécessaire.

a) elle révèle les obstacles à la vie de l'âme et à son plein épanouissement au sein de la vie personnelle, familiale ou professionnelle.

b) elle crée la confiance des brebis envers leur berger.

c) elle fournit des sujets de prière à l'intercession.

2°- Vue d'ensemble : Les paroissiens (entendons par là, ceux qui librement relèvent de notre ministère) se plaignent fort souvent que le serviteur de Dieu ne fait pas assez souvent de visites.

C'est une façon de nous dire qu'ils aiment qu'on s'intéresse à eux. Il faut donc faire la part des choses, en toute conscience et essayer de découvrir ce qu'il peut y avoir de fondé dans leurs réclamations afin d'y remédier. Mais le temps n'est plus où le serviteur de Dieu pouvait partir chaque après-midi vers 14 heures et rentrer le soir après avoir fait 6 ou 7 visites.

Aujourd'hui, la tâche du serviteur de Dieu est devenue beaucoup plus compliquée que jadis, plus lourde aussi, plus affairée, plus morcelée. Aux trois ou quatre prédications du dimanche, à celles de la semaine qu'il s'agisse de culte, de réunions d'évangélisation, de prière ou d'études bibliques s'ajoutent les écoles du dimanche et du jeudi, les réunions d'affaires, les conventions, le travail de bureau, les comités, les démarches nombreuses et de toutes sortes. Le pasteur Henri Eberhard écrit : "Il est probable qu'autrefois la vie plus calme des gens permettait des visites qui en soient vraiment.

A présent, faisons le bilan d'une journée : on frappe à la porte des maisons, et surtout en ville, on ne trouve personne. Les paroissiens sont au travail, dans les bureaux, dans les magasins, en tout cas loin de chez eux, personne ne répond au coup de sonnette ; on glisse sa carte dans le trou de la serrure, ou un prospectus avec quelques versets bibliques, on dépose un billet dans la boîte aux lettres et l'on s'en va. A combien de pasteurs est-il arrivé de faire ce mauvais travail durant tout un après-midi. Le soir, il se demande à quoi il a passé son temps".

Il nous arrive aussi de visiter des malades sur la demande d'un ami, ou d'un parent converti et voici que ce malade, lui, n'a pas été consulté auparavant et nous considère parfois comme indésirable, en tout cas n'attend de nous que le silence sur les questions spirituelles.

Que de temps perdu dans le ministère quand nous oublions de prendre la précaution de nous informer pour savoir si notre visite est annoncée et désirée.

D'autre part, la visite à domicile ne doit pas dispenser le paroissien d'assister aux réunions de son église, quand il peut le faire. Nous ne sommes pas des porteurs de religion à domicile. L'église est une communauté spirituelle à la vie de laquelle tous doivent participer, mais il n'en souligne pas moins l'utilité de certaines visites aux malades que l'on trouvera toujours chez eux puisqu'ils sont couchés, aux vieillards, aux isolés, à ceux que les circonstances obligent à rester à la maison.

C'est un devoir essentiel de soutenir dans leur vie et leur foi ceux qui souffrent. Visite aux foyers qui traversent une circonstance particulière, à ceux dont on pressent qu'un avertissement est nécessaire, foyers dans le désordre en proie au malheur.

Dans tous les cas, la présence de l'homme de Dieu est indispensable.

Mais, dira-t-on, comment un seul homme pourra-t-il faire face à une telle tâche ? C'est là, où il nous apparait que de vraies personnalités chrétiennes, consacrées à Christ, instruites bibliquement, sanctifiées, pleines d'amour pour les âmes et affamées de la sagesse de Christ doivent s'offrir pour aider dans cette tâche spirituelle ou doivent être sollicitées si une certaine timidité les retient encore.

Elles peuvent encadrer certaines familles spirituellement faibles, prendre en charge la responsabilité d'un groupe de foyers, plus ou moins large, selon l'ampleur de leur rayonnement spirituel. De même, les groupes de jeunes quand ils sont composés de convertis authentiques peuvent visiter le dimanche ou les jours de fête les vieillards, les isolés, parfois les malades dans les hôpitaux à condition que le groupe soit assez restreint pour ne pas troubler le service hospitalier.

Ces groupes laïques sont un véritable bienfait quand ils travaillent ainsi en collaboration étroite avec le, ou les serviteurs de Dieu, avec sérieux et discrétion, ils associent ainsi l'église locale au ministère du serviteur parfois surchargé à l'excès.

Il y a aussi des visites collectives qu'on appelle encore veillées, ou réunions de cuisine.

Un chrétien de bonne volonté et de bonne qualité est chargé par le pasteur de réunir chez lui plusieurs familles, ou plusieurs isolés, les vieillards en particulier. Le pasteur peut alors voir en une seule fois plusieurs paroissiens qui ont besoin de son ministère.

Ces veillées ont donné en général d'excellents résultats, spécialement dans les villes ; elles sont souvent l'embryon d'une nouvelle église; voici comment procéder ;

Quelques personnes, parfois jusqu'à 20 se réunissent autour du pasteur ou d'un de ses aides qualifiés, il peut avoir un entretien particulier avec telle ou telle d'entre elles, en fait ensuite un service simple et familial, les personnes intéressées peuvent y être invitées et s'y convertissent souvent. Celles qui ont des questions à poser sur des sujets bibliques concernant la vie spirituelle peuvent le faire.

L'important est que l'hôte qui reçoit soit assez désintéressé pour supporter patiemment et avec joie les différents inconvénients et les tâches matérielles que cette veillée comporte, qu'il ne tire aucune gloire de son hospitalité, ne cherche à s'imposer à personne, se mette humblement au service de Christ, soit heureux s'il y a lieu de souffrir pour Lui, en portant son opprobre auprès des gens de l'extérieur, ou en acceptant des tâches matérielles supplémentaires ; que les invités aussi fassent de leur mieux pour être le plus discret et le moins à charge possible. Le mot d'ordre doit être: "Pour l'édification du corps de Christ", et à aucun prix pour mon avantage personnel.

LES ETAPES DE LA VISITE À DOMICILE .

a) Chez le visiteur :

La visite doit être d'abord préparée dans l'intercession, le visiteur doit savoir qui il va visiter, prier le Seigneur de disposer dès cet instant le cœur du visité afin que la visite porte le maximum de fruits, il doit aussi demander au Seigneur qu'il le garde lui-même de toute parole maladroite, blessante, de tout jugement capable de compromettre l'œuvre qu'il se propose de poursuivre, d'avoir aussi le courage de dire, s'il y a lieu, la vérité et de la dire surtout dans la charité.

b) A la porte même du visité :

Avant même de frapper ou d'entrer, il est essentiel que le visiteur renouvelle mentalement la prière qu'il a adressée à Dieu quand il était à son propre foyer. Qu'il ne manque pas aussi de se mettre sous la protection du sang de Christ, qu'il s'agisse d'une visite à un malade ou à un possédé, ou à une personne liée par une passion, en particulier celle de l'impureté.

Qu'il prie aussi pour être rempli de la foi vivante, afin que la porte des cœurs s'ouvre tout naturellement au message apporté et que le visiteur soit dans cette maison un vrai témoin de la lumière, de la grâce et de la puissance de Christ.

c) L’entrée en matière :

Dès son arrivée chez le visité, le serviteur de Christ engage la conversation, celle-ci portera sur l'état de la famille, la santé de chacun, parents et enfants, le travail, etc.. Cette entrée en matière est indispensable. Elle ne doit pas être trop longue, sous peine d'absorber le temps réservé à la visite, mais elle exprime bien le sentiment de l'apôtre Paul quand il écrivait aux Romains ; "Par honneur, usez de prévenances réciproques". (Romains 12/10).

Celles-ci sont comme une goutte d'huile qui favorise la bonne marche de l'entretien à venir. La politesse française est plus inspirée de l'Evangile qu'on ne le pense. L'entrée en matière ne doit jamais paraître une formalité faite par devoir ; le visiteur sera naturel, vrai, jamais formaliste ni raide. L'entrée en matière nous mènera insensiblement dans le vif du sujet pour lequel nous sommes venus, c'est-à-dire d'abord la prise de contact, ensuite la mise à jour des obstacles intérieurs et personnels. Notre but est d'en arriver vite à une conversation profonde.

d) La prise de contact:

Au moment où l'entrée en matière nous a engagés dans le partage des joies et des peines, des déboires, des difficultés ou des motifs d'espérer encore, nous réalisons la prise de contact.

La chose doit être facilitée par notre préparation intérieure, si notre vie spirituelle est excellente, l'Esprit de Dieu nous conduira vite à découvrir la circonstance, la chose ou la phrase qui amorcera la prise de contact, c'est alors sur ce point qu'il faudra insister et prolonger la conversation.

Parce que Jésus s'était spécialement préparé, dès le matin, pour sa rencontre au puits de Jacob, il a pu faire coïncider l'entrée en matière et la prise de contact en parlant à la Samaritaine de l'eau naturelle du puits et à partir de là, il a pu facilement lui parler de l'eau spirituelle et la conduire enfin jusqu'à la révélation profonde de la présence du Messie à ses côtés.

e) L’entretien :

Si la visite à domicile que nous voulons féconde a été convenablement préparée au foyer du visiteur par une prière fervente et persévérante, jusqu'à ce que nous nous sentions le droit d'aborder cette âme, alors rempli de la sainteté et de l'amour de Christ, nous voyons l'âme s'ouvrir et nous découvrir sa vie intérieure, ses joies et ses peines, ses défaites et ses victoires, ses soucis ou son espoir.

Ne consentez jamais à laisser la visite de cure d'âme se transformer en visite plus ou moins mondaine, quitte à essayer de se rattraper en terminant par une prière. Une pieuserie de ce genre en contradiction avec la vanité de la conversation précédente déshonorerait la visite et la prière, le visiteur et le visité.

Si donc nous sommes reçus comme témoins et serviteurs de Jésus-Christ, comme ambassadeurs du Roi des rois, ne cachons jamais notre but, ne laissons jamais qui que ce soit ou quoi que ce soit nous faire dévier de la voie vitale et royale ; abordons le plus vite possible le sujet de notre visite : fardeaux, peines, joies, questions spirituelles et morales restées incomprises et non vécues. Devant une prise de position aussi nette, les indifférents présents à l'entretien se retireront, s'estimeront incompétents et indésirables, nous laisseront le champ libre pour dissiper les erreurs pratiques et tracer la voie spirituelle.

f) Prière finale :

Elle est le complément indispensable de la visite, à condition que celle-ci ait été spirituelle. Que cette prière soit vraie et sincère, qu'elle plaide la cause de ces amis, expose leurs détresses, qu'elle demande à Dieu la lumière et la force nécessaires pour réaliser désormais le programme tracé au cours de la visite, que le serviteur ne se serve jamais de la prière finale pour dire au visité du foyer ce qu'il n'aurait pas eu le courage de lui dire de vive voix au cours de la conversation, point d'hypocrisie, la prière s'adresse à Dieu et non aux hommes.

Si nous avons quelques conseils à donner, faisons-le après la prière il est encore temps, mais ne déshonorons pas notre ministère.

 

 

Etude transmise par le Pasteur Edouard Kowalski. Pour le site